DIVERTISSEMENT

«Pleurer pour rire» de Kaïn: comme un feu de camp en avril

11/04/2014 09:38 EDT | Actualisé 11/04/2014 09:38 EDT
Martin Alarie/Agence QMI

«Un groupe de feux de camp». L’expression ne vient pas de nous, mais de Steve Veilleux lui-même. On connait la recette: une pop-rock et folk rassembleuse qui résonne à qui mieux mieux sur les ondes radiophoniques, des refrains aux thèmes généralement joyeux, souvent amoureux, qu’on retient après une seule écoute et qu’on prend plaisir à hurler dans la douche ou au volant, qu’on aime encore plus danser en spectacle, et des musiciens mignons, sympathiques, avec qui on aimerait aller prendre une bière et qu’on a tous le goût d’ajouter à nos «amis» sur Facebook.

Même s’ils sonnent comme des clichés, l’appellation «groupe de feux de camp» ou le qualificatif «proche du peuple» demeurent encore les meilleurs termes pour décrire les troupes de Kaïn et leur œuvre. Sur la route de sa tournée Pleurer pour rire, le quatuor de Drummondville s’arrêtait au Cabaret La Tulipe, à Montréal, jeudi, cinq mois presque jour pour jour après le lancement de son album du même nom.

Et on l’a constaté à peine le seuil de porte franchi: 12 ans après leurs premiers accords de guitare entremêlés et leurs premiers textes composés, les gars sont encore capables de remplir à quasi capacité une salle relativement intime de jeunes adultes (majoritairement de sexe féminin) frôlant l’hystérie à l’évocation des titres L’amour du jour, Parle-moi d’toi et Embarque ma belle. Kaïn fait déjà partie de cette catégorie d’artistes dont on veut à tout prix entendre les classiques; ils en comptent maintenant quelques-uns dans leur répertoire, forts de leurs cinq galettes parues en carrière. La recette de Kaïn, elle fonctionne. Elle divertit, elle détend, elle remplit ses fonctions de musique bonbon, sans connotation péjorative. Plaisir coupable ou pas, on se laisse prendre au jeu dès que la bande se pointe devant nous.

Faire crépiter les braises

Ils sont arrivés sur scène comme des dieux, en marchant lentement, dans une lumière bleutée qui annonçait une soirée riche en fantaisies d’éclairages, l’une des forces du spectacle Pleurer pour rire. Yanick Blanchette a rejoint sa batterie, alors que Steve Veilleux, Patrick Lemieux et Éric Maheu s’avançaient solennellement, guitare au cou. On s’est pourléché d’entrée de jeu de matériel récent, Deux planètes et Jusqu’au dernier jour mais, dès que rendus au troisième morceau, nos hommes ont gâté le public avec un premier tube, L’amour du jour, accueilli par une assourdissante frénésie.

Steve, le chanteur, nous en a rapidement informé: ses camarades et lui se plaisent à «faire crépiter les braises» sans attendre, à lancer un peu partout les petites bombes qui feront exploser de joie le parterre, au lieu de condenser leurs grands succès espérés seulement en fin de piste. C’est ainsi que Comme dans l’temps (et son bruyant concert de voix enchantées, en parfaite communion) et Parle-moi d’toi (en version dépouillée, introduite par le long récit de l’ultime commencement de l’aventure Kaïn, au début des années 2000), ont suivi Continuer d’y croire et précédé Ici bas et En attendant hier. La maison est grande a été encadrée des jeunes, mais futures incontournables J’sais pu comment t’aimer et Si on se t’nait. On s’est baladés entre les diverses époques de la dernière décennie de Kaïn, en s’amusant sur Ailleurs ou ici (2011), L’homme grenouille (2007), Une nouvelle première fois (2011), La tête en l’air (2011), Les yeux plus grands qu’la panse (2013), Toune de char (2013) et La bonne franquette (2013), tout en n’oubliant pas les valeurs sûres Adam et Ève, Mexico et l’immortelle Embarque ma belle. Il y avait vraiment de quoi satisfaire les fidèles de Kaïn. À la toute fin, les hôtes ont tendu le micro vers leurs spectateurs pour leur demander de suggérer des demandes spéciales. Un échange amical s’en est suivi entre Veilleux et les gens devant lui, représentatif de l’ambiance décontractée qui régnait dans le cabaret.

On avait mal aux oreilles quand la prestation s’est terminée sur un rappel où se chevauchaient Le monde est en dérape et une sorte d’hommage, Je veillerai sur vous. Mais l’inconfort en valait la peine. Pendant près de deux heures, sans entracte, Kaïn nous fait sourire, chanter, lever de nos sièges, bouger, taper des mains, comme on le ferait autour d’un feu de camp intérieur. Ne manque que les guimauves.

L’auteur-compositeur Félix-Antoine Couturier, participant à l’édition 2013 de La voix, a assuré la première partie avant la mise en selle de Kaïn, jeudi. Le garçon a proposé son premier EP de six pièces, Fuir le plancher, en juillet dernier.

La tournée Pleurer pour rire, de Kaïn, se poursuit dans toute la province jusqu’en novembre prochain. La formation sera notamment à L’Impérial de Québec ce vendredi et au Théâtre Granada de Sherbrooke samedi. Pour connaître toutes les dates, visitez le www.kain.ca.

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