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Négociations au Venezuela : Maduro réduit les attentes

11/04/2014 05:48 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a mis en garde ses adversaires politiques contre toute revendication excessive dans le cadre du dialogue engagé jeudi à la suite d'une médiation régionale pour tenter de mettre fin à deux mois de troubles politiques meurtriers.

Nicolas Maduro a déjà reçu des représentants de l'opposition depuis le début de la crise mais c'est la première fois que figurait parmi les participants Henrique Capriles, qu'il a battu de justesse à l'élection présidentielle d'avril 2013.

Il s'agissait en outre de lapremière rencontre organisée à la suite d'une médiation de ministres des Affaires étrangères de l'Unasur (Union des nations sud-américaines).

Elle a duré six heures et a coïncidé avec une aggravation du bilan des violences liées aux manifestations qui secouent le Venezuela depuis début février. Ce bilan est désormais de 41 morts.

Les autorités ont annoncé jeudi qu'un policier avait été tué par balles à Barquisimeto, ville de l'ouest du pays, lors de l'intervention des forces de l'ordre pour disperser une
manifestation. Des opposants ont pour leur part signalé le décès d'une femme hospitalisée depuis près d'un mois après avoir été percutée par une voiture lors d'une manifestation dans la ville de Valencia.

« La route menant ici a été longue et difficile mais elle en valait la peine », a déclaré Nicolas Maduro dans un long propos liminaire.

« Il n'y a pas de négociations ici. Pas de pactes. Tout ce que nous recherchons, c'est un modèle de coexistence pacifique, de tolérance réciproque », a ajouté le président socialiste, héritier politique d'Hugo Chavez.

Capriles, méfiant

Henrique Capriles a été l'un des derniers à prendre la parole, bien après minuit, lors de ces entretiens retransmis en direct sur les chaînes de télévision.

Il a déclaré aux ministres des Affaires étrangères du Brésil, de Colombie et d'Equateur que le Venezuela souffrait de la violence, de graves difficultés économiques et de
polarisation politique.

« Nous ne voulons pas d'un coup d'Etat. Nous ne voulons pas d'une explosion dans les rues », a dit Henrique Capriles. « Soit la situation change, soit elle explose. J'espère qu'elle changera car je ne veux pas de la violence. »

Les deux camps, qui devraient se revoir mardi, avaient demandé à l'Eglise catholique d'assister à cette réunion en qualité de témoin « de bonne foi ».

Le nonce apostolique du Vatican leur a lu une lettre du pape François soulignant que le dialogue était la seule voie vers la paix.

Certaines organisations de l'opposition, dont le parti du meneur des manifestations Leopoldo Lopez, emprisonné, boycottent ce dialogue tant que des contestataires sont encore derrière les barreaux.

Depuis le commencement des manifestations début février, plus de 2000 personnes ont été arrêtées et plus de 170 d'entre elles sont toujours sous les verrous.

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