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Le dossier ukrainien monopolise l'attention des ministres des Finances du G20

11/04/2014 09:28 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Le dossier ukrainien a monopolisé l'attention, vendredi, lors de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et des ministres des Finances du G7 et du G20 à Washington.

La réunion s'est déroulée de façon un peu surréaliste compte tenu de la présence de la Russie dans les discussions sur ce qu'il convient de faire pour aider l'Ukraine à émerger de ses difficultés financières, après le soulèvement prodémocratie qui s'est soldé par le renversement du gouvernement, puis l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie.

Pour soutenir le gouvernement ukrainien, le FMI travaille sur un ensemble de prêts qui devrait permettre de fournir 18 milliards de dollars à l'Ukraine. Mais le gouvernement russe a menacé d'exiger un paiement à l'avance de l'Ukraine pour le gaz naturel que la Russie lui fournit.

Le ministre canadien des Finances, Joe Oliver, a toutefois indiqué que les discussions n'avaient pas été aussi embarrassantes qu'elles ont pu paraître de l'extérieur. Selon M. Oliver, les interventions de la Russie étaient directement liées aux questions dont tous les autres pays parlaient. Il a affirmé que la crise entre l'Ukraine et la Russie n'avait pas eu d'impact sur les discussions multilatérales de vendredi.

Le ministre a indiqué que le dossier ukrainien avait aussi été abordé en l'absence de la Russie lors d'une conversation entre les ministres du G7, dont la Russie a été exclue récemment, mais il n'a pas voulu révéler la nature de ces discussions.

M. Oliver souhaite que le FMI en fasse plus pour aider l'Ukraine.

« Nous (le Canada) avons indiqué notre disposition à fournir jusqu'à 220 millions pour le moment, pour le développement et pour les aider à se libérer de leurs obligations », a dit M. Oliver.

Le ministre canadien des Finances estime qu'il faudra plus d'argent que ce que le FMI prévoit pour l'Ukraine. Il a toutefois souligné qu'il s'agissait d'un dossier faisant l'objet d'études et de révisions continuelles.

L'ancien ministre canadien des Affaires étrangères Lloyd Axworthy, qui était en visite en Ukraine cette semaine, a été beaucoup plus direct, affirmant que le FMI devait cesser de tergiverser sur l'octroi d'un important prêt à l'Ukraine.

Lors d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne, qui l'a joint à Kiev, M. Axworthy a déclaré que le FMI devait agir rapidement pour aider l'Ukraine à faire face à la belligérance du président russe, Vladimir Poutine.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a indiqué plus tôt cette semaine que le prêt à l'Ukraine pourrait être approuvé à la fin du mois d'avril, ou au début de mois de mai.

« Le FMI et les autres traitent un peu cela comme s'il s'agissait d'une simple demande de prêt », a déploré M. Axworthy. « Arrêtez de jouer aux banquiers mondiaux et réalisez qu'il y a véritablement une question fondamentale sur la façon dont nous allons gouverner ce monde par la primauté du droit. Nous ne pouvons laisser M. Poutine s'en sortir impunément avec ce qu'il manigance », a-t-il martelé.

M. Axworthy s'est rendu en Ukraine dans le cadre d'une mission d'enquête avec le National Democratic Institute, une organisation dont le siège se trouve à Washington.

Dans un rapport publié vendredi, l'institut appelle la communauté internationale à fournir plus d'aide au fragile gouvernement ukrainien, qui fait face aux menaces de la Russie depuis l'annexion de la péninsule de Crimée.

L'économie ukrainienne subit de plein fouet les impacts de la crise et a besoin d'aide, a affirmé M. Axworthy.

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