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Kiev propose une décentralisation des pouvoirs

11/04/2014 02:57 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Alors que les séparatistes prorusses continuent d'occuper des bâtiments publics dans l'est de l'Ukraine, le premier ministre Arseni Iatseniouk a proposé de revoir la constitution afin de donner plus de pouvoirs aux régions.

Le projet de réforme constitutionnelle transférerait aux exécutifs régionaux « un nombre significatif » de pouvoirs qui sont actuellement détenus par le pouvoir central à Kiev. Parmi ces pouvoirs, les régions gagneraient le droit de réinvestir une partie des taxes nationales dans les infrastructures et économies locales.

Aussi, M. Iatseniouk s'est engagé à ne pas toucher aux lois garantissant le statut des langues autres que l'ukrainien.

Les séparatistes demandent non seulement une plus grande autonomie, mais ils requièrent aussi l'établissement du fédéralisme, alors que Kiev n'est pas prêt à se rendre aussi loin dans la réforme.

M. Iatseniouk s'est rendu vendredi à Donetsk pour de faire baisser la tension dans l'est du pays, où les séparatistes prorusses occupent depuis le week-end dernier le siège du gouvernement régional de Donetsk et le bâtiment des services de sécurité à Louhansk. Il ne s'est cependant pas entretenu directement avec les représentants séparatistes.

Le premier ministre a dit souhaiter une sortie de crise pacifique, mais n'exclut pas entièrement d'avoir recours à la force s'il le juge nécessaire.

Kiev soupçonne le Kremlin de souhaiter le démembrement de l'Ukraine, déjà entamé avec l'annexion de la péninsule de Crimée à la Russie. De son côté, Moscou nie toute implication. « Nous souhaitons que l'Ukraine demeure entière à l'intérieur de ses frontières actuelles », a affirmé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.

M. Lavrov a également rejeté les demandes des manifestants séparatistes qui demandent à la Russie d'envoyer des soldats pour les appuyer. « Nos militaires ne sont pas là. Nos agents ne sont pas là », a-t-il ajouté.

Jeudi, l'OTAN a partagé des photos satellitaires montrant 40 000 soldats russes près de la frontière de l'Ukraine.

Domino mondial

La crise actuelle en Ukraine pourrait avoir des répercussions sur l'économie mondiale, si l'on en croit un projet de communiqué du G20.

« Nous surveillons la situation économique en Ukraine, en étant attentifs à tous les risques pour la stabilité financière et économique », ont écrit les ministres des Finances des pays industrialisés et émergents du G20, réunis à Washington depuis jeudi soir.

Après avoir annoncé une hausse vertigineuse des prix de son gaz vendu à l'Ukraine, la Russie a menacé de cesser ses livraisons de gaz si Kiev ne payait pas ses factures. Or, les achats gaziers européens correspondent à environ la moitié des revenus du budget fédéral russe, rappelle l'Union européenne.

La crise a déjà commencé à affecter la croissance économique russe, entraînant des fuites massives de capitaux. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu que ce contrecoup pourrait avoir des répercussions sur l'économie mondiale.

Afin de dénouer cette crise internationale, une réunion quadripartite entre l'Ukraine, la Russie, les États-Unis et l'Union européenne se tiendra le 17 avril à Genève, a annoncé vendredi le département d'État américain. Le sommet du G7 aura quant à lui lieu les 4 et 5 juin à Bruxelles. Un sommet du G8 était censé se tenir à Sotchi, mais il a été annulé après l'annexion de la Crimée à la Russie.

Depuis l'annonce du référendum en Crimée, les relations entre l'Occident et la Russie sont à leur plus bas depuis la fin de la guerre froide. Les négociations entre les États-Unis et la Russie au sujet de la loi américaine visant à combattre l'évasion fiscale ont d'ailleurs été interrompues, a indiqué vendredi le Trésor américain.

Dans les 45 pays ayant déjà signé la loi Foreign Account Tax Compliance Act (Facta), les banques seront obligées d'informer les autorités américaines de la présence de contribuables imposables aux États-Unis à partir du 1er juillet.

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