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Inde : tollé après les déclarations sur le viol d'un responsable politique

11/04/2014 04:00 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

La mère d'une étudiante indienne dont le viol et la mort ont suscité l'indignation en Inde fin 2012, a dénoncé vendredi les propos d'un responsable politique ayant décrit trois hommes coupables de viols multiples comme des "pauvres gars" ayant fait des "erreurs".

Le leader du Samajwadi Party, Mulayam Singh Yadav, a déclaré pendant un meeting jeudi que son parti essaierait d'obtenir une modification de la législation sur le viol après les élections législatives en cours et a pris la défense de trois hommes récemment condamnés à mort pour des viols répétés.

"Ces trois pauvres gars ont été condamnés à mort. Les affaires de viol doivent-elles mener à la pendaison?", a déclaré le responsable politique dont le parti dirige l'Etat de l'Uttar Pradesh, grand Etat du nord de l'Inde crucial les législatives.

"Ce sont des hommes, ils font des erreurs", a-t-il ajouté en référence à ces trois hommes condamnés début avril à Mumbai pour avoir commis deux viols en réunion au même endroit.

Ils sont les premiers condamnés à mort pour viol multiple après le durcissement de la loi décidé à la suite des manifestations d'ampleur déclenchées par le viol et la mort d'une étudiante dans un bus fin 2012 à New Delhi.

La mère de la victime a qualifié Yadav de politicien "dégoûtant et sans vergogne" et a exhorté les électeurs à tourner le dos aux politiques "qui ne comprennent pas les tortures endurées par les femmes".

"Ces commentaires nous ont fait beaucoup de mal", a dit à l'AFP la mère de l'étudiante, morte à 23 ans.

"Chaque jour des femmes sont violées et il s'agit d'erreurs? Il parle de supprimer la peine de mort pour les violeurs mais les parents comme nous estiment que même la mort n'est pas suffisante pour les violeurs. Ils méritent pire", a-t-elle ajouté.

Les commentaires de Yadav ont suscité une large indignation sur twitter.

Cette colère était également alimentée par les déclarations du responsable de ce même parti dans l'Etat du Maharashtra qui aurait demandé que les victimes de viol soient pendues aux côtés de leurs agresseurs au motif qu'elles ont eu des relations hors mariage.

L'influence de ce parti ne dépasse pas l'Etat de l'Uttar Pradesh mais ce parti, s'il obtient de bons résultats, pourrait peser dans les négociations qui seront probablement nécessaires à la formation d'une coalition gouvernementale après les élections.

anb-rob/co/pt

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