NOUVELLES

France: le virtuel n'a jamais été aussi réel au salon des technologies de Laval

11/04/2014 02:30 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Courir comme une poule ou bien piloter un fauteuil roulant? Au salon des Technologies et Usages du Virtuel, Laval Virtual, dans l'ouest de la France, les inventions ludiques côtoient les innovations les plus sérieuses, avec parfois une touche de magie.

Installé dans une sorte de youpala géant, lunettes écran sur les yeux, Holger Hager, cofondateur de la société autrichienne Cyberith, se démène à grandes enjambées pour échapper à un terrible monstre. Dans une autre application, le voilà dans la peau d'une poule, picorant de ci-delà, avant de prendre la fuite à toutes pattes à la vue d'un renard.

Lauréat des Laval Virtual Awards dans la catégorie jeux et divertissement, Virtualizer est un capteur de mouvement qui permet d'explorer des mondes virtuels, en se déplaçant comme dans le monde réel, libéré des limites d'un écran. Le dispositif repose sur une plate-forme spéciale, sorte de tapis roulant rond, reliée à la taille par un anneau réglable. L'utilisateur peut courir, sauter, s'accroupir...

"Nous l'avons développé principalement pour les jeux", explique Stephan Frank (Ciberith). Mais il peut être utilisé dans des domaines aussi divers que "le tourisme, la thérapie, par exemple pour traiter des phobies, ou encore la formation des policiers ou des pompiers".

Mais que peut bien faire un fauteuil roulant au Laval Virtual ? Primé dans la catégorie Environnement et Santé, le projet AccesSim consiste en un vrai fauteuil monté sur une plateforme avec retour de force, avec des rouleaux sous les roues pour percevoir la résistance, tandis que quatre vérins simulent les défauts du sol. Assis dans le fauteuil, on "circule" à travers un environnement urbain projeté sur écran, en mode manuel ou fauteuil électrique, en ressentant creux et bosses, pentes, dénivellations...

L'objectif est triple, explique Abdelmajid Kadri (Art et Métiers ParisTech) : "sensibiliser le grand public et les décideurs à ce que ressent une personne handicapée, valider ou au contraire invalider des projets d'urbanisme, et aussi aider à l'entraînement des personnes nouvellement handicapées".

- Magie et tendresse à la japonaise -

"Partenaires historiques du salon", comme le rappelle le directeur de Laval Virtual, Laurent Chrétien, les Japonais lui apportent leur "compétence exceptionnelle pour bricoler l'électronique" pour développer des inventions souvent pleines de poésie.

Yoichi Ochiai (Université de Tokyo), le magicien, très élégant en costume noir et chapeau haut-de-forme, qui l'année dernière faisait danser l'image d'un papillon sur une pellicule de savon, propose cette année un numéro de "lévitation acoustique". De petites particules de plastique, disposées dans une installation avec quatre sources d'ultrasons effectuant un point focal, se mettent à flotter dans l'air. La physique devient magie. Et en plus, ça peut servir, par exemple pour assembler des micropuces, souligne le jeune Japonais.

Li Yuanyan (Institut de Technologie de Tokyo) joue elle la carte de la tendresse, avec un adorable ours en peluche "robotisé". Ses bras ne contiennent aucun élément rigide, mais sont activés par un système de fils. Des capteurs détectent la force exercée par l'utilisateur et le robot peluche adapte sa réaction, pour "une interaction beaucoup plus humaine".

Direction les grandes profondeurs avec le projet Abyss : une cabine de bois qui ne paie pas de mine, mais abrite un ingénieux système simulant la poussée ressentie dans un sous-marin. "On a beaucoup de sensation. C'est impressionnant", commente une visiteuse.

Le projet a été conçu par l'équipe de Takahiro Ohtsuka (Tama University, Tokyo), et des étudiants de l'École supérieure d'informatique, électronique, automatique (ESIEA, Laval) ont réalisé la maquette présentée à Laval.

vm/fa/thm/pt

PLUS:hp