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France: des juges se saisissent d'une enquête pour surveillance informatique en Syrie

11/04/2014 07:40 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Des juges d'instruction français ont été désignés pour enquêter sur l'affaire Qosmos, ont annoncé vendredi les associations qui accusent cette société française d'avoir fourni du matériel de surveillance au régime syrien.

Démentant "fermement ces accusations fausses et calomnieuses", Qosmos a indiqué qu'elle continuerait de collaborer avec la justice.

Cette information judiciaire ouverte la semaine dernière fait suite à une enquête préliminaire lancée à Paris en juillet 2012 après une plainte de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et de la Ligue des droits de l'Homme (LDH).

Trois juges du pôle "crimes contre l'humanité" de Paris ont été désignés, indiquent la FIDH et la LDH dans leur communiqué.

Les deux associations accusent la PME française d'avoir contribué à fournir à la Syrie du matériel de surveillance permettant aux services de renseignements de "parfaire leurs moyens de répression à l'encontre de voix dissidentes, notamment en interceptant en temps réel des communications électroniques identifiées à l'aide de mots-clés".

"Il est indispensable que la justice française fasse toute la lumière sur l'éventuelle implication de la société Qosmos dans la fourniture au régime syrien d'un matériel de surveillance destiné à espionner la population syrienne et que toutes les conséquences juridiques soient tirées de cette enquête", a déclaré dans le communiqué Me Patrick Baudouin, président d'honneur de la FIDH.

"Nous espérons que cette instruction pourra se dérouler à l'abri de toute interférence politique", a déclaré Michel Tubiana, le président d'honneur de la LDH.

Qosmos, qui avait répliqué en septembre 2012 par une plainte pour dénonciation calomnieuse contre la FIDH et la LDH, a réaffirmé vendredi dans un communiqué qu'aucun de ses équipements ou logiciels n'avait jamais été opérationnel en Syrie.

L'entreprise concède avoir envisagé de travailler avec une société allemande sous-traitante d'une société italienne qui travaillait avec la Syrie. Mais elle affirme avoir dénoncé unilatéralement ce projet en octobre 2011.

En janvier 2012, l'Union européenne avait décidé d'interdire toute exportation vers la Syrie de matériel informatique de surveillance pouvant servir pour la répression des mouvements luttant contre le régime de Bachar al-Assad. En trois ans, le conflit a fait plus de 150.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans son communiqué, Qosmos se décrit comme le "leader mondial de l'analyse de trafic", et explique vendre des logiciels à des équipementiers qui les intègrent dans des solutions plus vastes pour des applications diverses, comme la banque en ligne, les connexions mobiles ou la lutte contre les virus et les attaques informatiques.

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