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Extradition d'Abliazov: enquête à Paris sur des soupçons d'espionnage

11/04/2014 12:17 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris sur des soupçons d'espionnage d'avocats et de magistrats en marge de la demande d'extradition de l'oligarque et opposant kazakh Moukhtar Abliazov, a indiqué vendredi à l'AFP une source judiciaire.

Ancien dirigeant de la banque kazakh BTA, M. Abliazov est réclamé à la France par Kiev, mais aussi par Moscou, qui l'accusent de fraudes massives. La cour d'appel d'Aix-en-Provence (sud) a rendu en janvier deux avis favorables à ces demandes d'extradition.

Mais la Cour de cassation a annulé mercredi ces deux arrêts, notamment pour des raisons de forme, et renvoyé à la cour d'appel de Lyon l'examen des requêtes russe et ukrainienne.

Cette cassation est intervenue au moment où des soupçons d'espionnage sont apparus dans le dossier.

Des SMS et des courriels échangés entre avocats de l'Ukraine d'une part et des magistrats d'autre part ont en effet été publiés sur un site ukrainien, ce qui a entraîné en mars le dépôt d'une plainte par le cabinet Winston & Strawn, qui représente Kiev dans ces procédures.

Ces messages ont été envoyés ou reçus par l'un des avocats du cabinet, Guillaume-Denis Faure, "entre le 11 et le 13 décembre 2013", soit de "la veille au lendemain de l'audience au cours de laquelle les demandes d'extradition" ont été examinées, selon cette plainte, que l'AFP a consultée.

Le cabinet d'avocats a dès le 12 mars réalisé une expertise informatique qui aurait, selon la plainte, démontré "que des dispositifs de captation illicites ont été mis en place".

"Ces faits, dans le cadre desquels six avocats et un magistrat ont été victimes d'interceptions malveillantes, recouvrent à l'évidence plusieurs qualifications pénales", selon la plainte déposée notamment pour atteinte à la vie privée et détournement de correspondances.

Le parquet de Paris vient d'ouvrir une enquête préliminaire pour "atteinte au secret des correspondances" et "atteinte à l'intimité de la vie privée", selon la source judiciaire. Les investigations ont été confiées à la brigade pour la répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne.

L'entourage de Moukhtar Abliazov a démenti avec force s'être rendu coupable de toute interception illégale.

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