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Colombie: infractions au droit humanitaire malgré le processus de paix (Croix Rouge)

11/04/2014 03:39 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Les infractions au droit humanitaire international se poursuivent en Colombie malgré le processus de paix avec la guérilla des Farc, avec plus de 617 violations en 2013, selon un rapport du Comité international de la Croix Rouge (CICR) présenté jeudi à Bogota.

"L'espoir de tourner la page et laisser derrière un conflit de cinq décennies a contrasté avec la réalité qui continue de frapper les victimes de la violence armée", indique Jordi Raich, chef de la délégation du CICR en Colombie.

Les négociations ouvertes depuis novembre 2012 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la première rébellion du pays, n'ont pas mis fin au principaux fléaux: disparitions, violences affectant la population civile, déplacements forcés...

Le CICR a enregistré l'an dernier 56 morts violentes de civils, notamment dans les provinces de Nariño (sud), Cauca (ouest) et Antoquiquia (nord-ouest), où est particulièrement implantée la guérilla fondée en 1964 et qui compte encore selon les autorités entre 7 et 8.000 combattants.

Les déplacements forcés, face aux menaces des groupes illégaux, s'opèrent désormais à l'intérieur même des villes et plus seulement dans les régions rurales. "Les frontières invisibles convertissent les habitants en étrangers dans leurs propres quartiers", selon le rapport.

Le CICR a été moins sollicité par des cas de déplacements forcés: 18 cas en 2013 contre 43 l'année précédente. Un grand nombre des personnes déplacées n'osent toutefois pas porter plainte.

L'organisme insiste aussi sur la question des disparitions, 7.500 en 2013, et sur la violence sexuelle avec 147 victimes secourues.

"Face à l'espérance de paix, la réalité de la guerre continue", conclut M. Raich, qui appelle les acteurs du conflit à "respecter strictement les principes et les normes" du droit humanitaire international.

Le conflit interne colombien, qui a mêlé des guérillas communistes, des milices paramilitaires d'extrême droite et des bandes criminelles, a fait plusieurs centaines de milliers de victimes et environ 5 millions de déplacés, selon les estimations.

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