NOUVELLES

Un attentat près de la Banque de Grèce marque le retour du pays sur les marchés

10/04/2014 03:46 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Une voiture piégée a explosé jeudi près de la Banque de Grèce à Athènes, sans faire de victime, un attentat manifestement destiné à ternir le lustre de la première émission de dette grecque à moyen terme depuis quatre ans.

Une forte explosion a retenti peu avant 03h00 GMT dans une petite rue de l'hyper-centre de la capitale grecque, derrière le siège de la banque centrale grecque, à quelques centaines de mètres de la place Syntagma ou est installé le parlement.

L'attentat, qui n'a pas fait de blessé, a été réalisé au moyen d'une voiture piégée de 75 kilos d'explosifs, selon les premiers éléments de l'enquête confiée aux services de police antiterroriste.

"Le but manifeste des auteurs est d'imposer leur agenda. Nous ne leur permettrons pas de réussir", a réagi le porte-parole du gouvernement Simos Kedigoglou sur la chaîne privée de télévision Skaï.

La Grèce mène jeudi une opération à haute portée symbolique sur le plan économique et politique: l'émission d'une obligation d'un montant estimé à 2,5 milliards sur cinq ans, soit son premier appel aux investisseurs privés sur les marchés d'emprunt à moyen terme depuis qu'elle a été emportée dans la spirale de la crise de la dette en 2010.

Autre temps fort de la semaine, Antonis Samaras, Premier ministre de la coalition conservateurs-socialistes, reçoit vendredi à Athènes la chancelière allemande Angela Merkel pour sa deuxième visite en Grèce depuis le début de la crise.

Quelques heures après l'attentat, dans le quartier entièrement bouclé par les forces de l'ordre où intervenaient les experts de la police scientifique, les débris calcinés du véhicule, volé, de marque Nissan, étaient encore visible sur la chaussée.

Un appel téléphonique anonyme au site internet d'actualité Zougla et au journal Efymerida ton Syndakton avait été passé une heure avant le déclenchement du mécanisme.

Les enquêteurs vont notamment décortiquer les images des caméras de video-surveillance du quartier qui comprend de nombreuses boutiques de luxe et, selon la police, des bureaux de la troïka UE, BCE, FMI, les bailleurs de fonds du pays.

Les attentats, généralement sans victime, visant des cibles économiques, institutionnelles, politiques, sont fréquents en Grèce et généralement attribués à la mouvance anarchiste dont les organisation revendiquent fréquemment ces opérations.

- Confiance -

Le 30 décembre 2013, la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne, dans la banlieue nord d'Athènes avait essuyé des tirs de kalachnikov revendiqués en février par un groupe d'extrême gauche, le "Groupe des combattants du peuple", comme une "contre-attaque contre la barbarie du capitalisme".

Les autorités grecques sont également en alerte depuis l'évasion en janvier, lors d'une permission de sortie de prison, de Christodoulos Xiros, membre du groupe meurtrier d'extrême gauche du 17 Novembre (17-N), condamné à la perpétuité pour plusieurs attentats mortels.

Dans l'opération d'émission de dette que la Grèce devrait boucler dans la journée, la confiance des investisseurs est un paramètre capital.

Or plus que le montant de la dette grecque (175% du PIB) détenue aux deux tiers par les tolérantes institutions internationales, c'est l'instabilité politique potentielle du pays qui inquiète les analystes.

La majorité de la coalition au pouvoir ne tient qu'à un fil, face à des partis d'opposition, notamment Syriza (gauche radicale), hostiles aux plans de redressement du pays.

Le regain du problème du terrorisme fait partie des derniers éléments que l'exécutif voudrait voir ajouter au tableau.

Mercredi soir, en phase de "pré-marketing" de l'émission de dette, une source proche du dossier assurait l'agence de presse grecque ANA de l'appétit des marchés pour la dette grecque avec une offre dépassant les 16 milliards d'euros, couvrant plus de six fois le montant proposé.

str-smk/od/jh

PLUS:hp