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Retour progressif à la normale pour les pays aidés de la zone euro

10/04/2014 06:30 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

La première émission de dette effectuée jeudi par la Grèce depuis le début de la crise marque un retour progressif à des conditions de financement normales pour les économies des cinq pays de la zone euro qui ont bénéficié d'un programme d'aide.

GRECE

L'émission obligataire lancée jeudi, d'un montant espéré de 3 milliards d'euros sur cinq ans à moins de 5%, a une haute portée symbolique, car c'est le premier appel du pays aux investisseurs privés sur les marchés d'emprunt à moyen terme depuis le début de la crise en 2010.

Confrontée à une dette colossale, la Grèce s'était retrouvée sous perfusion de ses partenaires européens et du FMI et a reçu environ 240 milliards d'euros au cours de deux programmes de prêts successifs.

Le pays espère sortir définitivement de ses plans d'aide en 2016. La Grèce devrait renouer avec la croissance cette année après six ans de récession, mais malgré un excédent budgétaire primaire en 2013, elle reste confrontée à une dette qui a atteint 177% du PIB fin 2013, ce qui n'écarte pas la possibilité d'une restructuration de la dette ou d'un troisième plan d'aide.

IRLANDE

Elle est le premier pays de la zone euro à s'être affranchi de l'aide internationale mi-décembre 2013, sans demander de filet de sécurité à ses partenaires sous la forme d'une ligne de crédit de précaution.

L'Irlande était le deuxième pays à avoir conclu un plan d'aide avec l'UE et le FMI, en novembre 2010, à la suite d'une bulle immobilière qui avait entraîné le secteur bancaire dans la tourmente. Dublin a bénéficié en tout de 85 milliards d'euros d'aide.

L'Irlande est revenue sur les marchés en mars 2013 pour une première émission de dette à long terme. En janvier, elle a réussi sa première émission obligataire depuis sa sortie du plan d'aide, et le taux a encore baissé lors d'un nouvel emprunt à 10 ans en mars.

Mais ce succès va de pair avec un recul du PIB de 0,3% en 2013, et même de 2,3% au dernier trimestre de l'an dernier.

ESPAGNE

Frappée doublement en 2008 par l'éclatement de la bulle immobilière et le début de la crise financière internationale, l'Espagne a dû recourir en 2012 à une aide financière européenne de plus de 40 milliards d'euros pour renflouer ses banques. Elle est sortie de ce plan d'aide en décembre 2013 sans demander d'aide supplémentaire. Depuis, l'Espagne se finance sans encombre sur les marchés.

La quatrième économie de la zone euro a renoué avec une timide croissance. Mais alors que le gouvernement table sur une hausse du PIB de 1% en 2014, le pays reste fragilisé par un chômage très élevé (26,03%).

PORTUGAL

Le pays a bénéficié d'un prêt de 78 milliards d'euros de l'UE et du FMI en mai 2011.

La fin du plan d'aide est prévue le 17 mai, et des dirigeants européens et portugais penchent pour une sortie sans filet de sécurité, mais le pays apparaît plus fragile que l'Irlande, et certains économistes jugent qu'il serait trop risqué de se passer d'un programme de précaution.

Le Portugal avait testé avec succès les marchés en janvier et en février. Mais même si les taux auxquels il se finance ont baissé, ils restent supérieurs à ceux dont bénéficie l'Irlande.

Le pays pâtit d'une dette qui frôle les 130%, le taux de chômage est à 15,3% et le gouvernement prévoit une croissance de 1,2%, après une récession de 1,4% en 2013.

CHYPRE

L'île est encore au milieu de son plan d'aide, accordé au printemps 2013 alors que le pays était au bord de la faillite, et qui court jusqu'en mars 2016.

Le gouvernement a annulé fin mars les restrictions sur les retraits d'argent imposées il y a un an pour éviter une fuite de capitaux.

Chypre a reçu à ce jour environ la moitié des 10 milliards d'euros accordés par l'UE et le FMI, et a obtenu un satisfecit de la troïka sur les réformes entreprises.

Mais le pays paie cher ces réformes: dans ses prévisions de croissance publiées fin février, la Commission européenne a prédit une contraction de l'économie chypriote de 4,8% en 2014, après un recul de 6% du PIB en 2013.

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