POLITIQUE

Québec devra restaurer la confiance et la croissance, selon Louis Vachon de la Banque Nationale du Canada

10/04/2014 02:42 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT
SRC

Le nouveau gouvernement libéral du Québec doit immédiatement rétablir un «climat de confiance» afin de renverser deux années de confiance en baisse ayant nui à la croissance économique de la province, a estimé jeudi le président et chef de la direction de la Banque Nationale (TSX:NA), Louis Vachon.

«En améliorant le climat d'affaires au Québec, ça pourrait augmenter la confiance économique de la moitié d'un pour cent, sans avoir à couper les impôts ou augmenter les dépenses gouvernementales», a déclaré M. Vachon à Calgary, au terme de l'assemblée annuelle des actionnaires de la banque.

«Juste avoir un climat d'affaires qui est peut-être un peu plus serein, je pense que ça devrait être la priorité du gouvernement», a-t-il ajouté.

Il s'agissait de la première assemblée annuelle tenue dans l'Ouest canadien par la banque montréalaise en 154 ans d'histoire, et de seulement la deuxième à l'extérieur du Québec.

M. Vachon a affirmé que la confiance des investisseurs avait été ébranlée au Québec depuis 2012 en raison de la commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction, de la crise étudiante, du débat sur les redevances des sociétés minières et de la charte des valeurs proposée par le Parti québécois.

Les actions de la Banque Nationale sont transigées à rabais par rapport à celles des autres banques canadiennes, en partie en raison de la perception voulant que la province soit «condamnée à croître plus lentement que le reste du pays», a indiqué M. Vachon.

«Je crois que ce devrait être une priorité pour tout gouvernement du Québec de prouver que cela est faux, et de montrer que nous pouvons croître au moins au rythme de la moyenne canadienne, et je crois que c'est faisable», a-t-il dit en réponse à une question d'un actionnaire.

De réels efforts ont été faits par les deux derniers gouvernements afin de faire face au déficit de la province, a affirmé M. Vachon, qui a encouragé le milieu canadien des affaires à voir d'un oeil favorable la possibilité d'investir au Québec ou de créer des partenariats avec la plus importante banque de la province.

Le passage à Calgary de la haute direction de la Banque Nationale visait à accroître la visibilité de la sixième plus grande banque canadienne dans l'Ouest, où elle est de plus en plus présente, particulièrement dans le secteur de l'énergie.

M. Vachon a cependant rejeté du revers de la main la suggestion voulant qu'il se soit déplacé afin de mener une opération charme, qualifiant d'activités d'affaires l'assemblée des actionnaires et un événement avec quelque 200 clients.

«Charme et banquiers, a-t-il dit en riant, vous voulez mettre ça dans la même phrase?»

Par ailleurs, M. Vachon s'est dit «prudemment optimiste» au sujet des économies canadienne, américaine et mondiale pour l'année en cours, ajoutant que la faiblesse du dollar canadien devrait accélérer la croissance au profit de l'Ontario et du Québec.

Et même si le fort niveau d'endettement des Canadiens reste une inquiétude, M. Vachon a affirmé que la banque n'était pas trop inquiète de son impact sur la croissance économique.

Les actions de la Banque Nationale ont clôturé jeudi à 45,23 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 50 cents par rapport à leur précédent cours de clôture.

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