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Procès de Lise Thibault: elle préférait vivre en banlieue de Québec, «près de la nature»

10/04/2014 01:46 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT
CP

QUÉBEC - L'ex-lieutenante-gouverneure Lise Thibault préférait mener une vie plus régulière dans la nature de la banlieue de Québec, indiquent des documents présentés jeudi à son procès pour fraude.

Dans une lettre envoyée au gouvernement fédéral en 2003 pour expliquer ses dépenses, Mme Thibault précise qu'elle paie 500 $ par mois de loyer à son chef de la sécurité et garde du corps, Guy Hamelin, pour habiter dans sa résidence secondaire.

Pour justifier cette dépense, Mme Thibault joignait à sa lettre du mois de mars de cette année-là un reçu pour la somme mensuelle, alors que M. Hamelin, copropriétaire de la résidence, en avait la possession depuis le 10 mars.

La lieutenante-gouverneure, en fonction de 1997 à 2007, expliquait aussi dans cette lettre à Micheline Ouellette-Rogers, de Patrimoine canadien, que le loyer couvrait 15 nuits en mars.

La résidence de M. Hamelin où Mme Thibault habitait est située à Beaupré, à une intersection dans un secteur résidentiel, à l'extérieur des limites de la ville de Québec.

Lors de cette deuxième journée du procès de Mme Thibault, un enquêteur de la Gendarmerie royale du Canada, Jean-Alexandre Bouchard, a exposé ces faits en s'appuyant sur des documents déposés devant le juge Carol St-Cyr, au palais de justice de Québec.

Dans son témoignage, M. Bouchard a expliqué que Mme Thibault avait facturé des dépenses en double au gouvernement fédéral, alors qu'elle recevait une allocation mensuelle de 4000 $ pour son hébergement.

L'enquêteur de la GRC a déclaré qu'en résidant à Beaupré, une banlieue à moins de 40 km de Québec, Mme Thibault était admissible à des réclamations pour séjour à l'extérieur de la capitale québécoise de la part du gouvernement fédéral.

Dans la lettre à Mme Ouellette-Rogers, Mme Thibault, qui est aussi accusée d'abus de confiance et d'utilisation de faux documents, explique que M. Hamelin lui a offert d'habiter dans sa résidence secondaire.

«Je peux ainsi mener une vie plus régulière, dans la nature, et j'ai la possibilité de laisser mes vêtements et de me faire de la nourriture», écrivait Mme Thibault.

L'enquêteur de la GRC a expliqué qu'avant 2004, la lieutenante-gouverneure recevait une subvention de 45 600 $ par année pour ses frais dans la capitale québécoise et qu'elle pouvait réclamer des remboursements à Patrimoine canadien pour ses dépenses à l'extérieur de la ville de Québec.

À partir du 1er avril 2004, cette façon de faire a été modifiée et un budget global de 147 372 $ a été alloué. Une demande de subvention devait être acheminée à Ottawa pour obtenir cette somme, qui était ensuite transmise. Un rapport annuel devait suivre en fin d'année pour certifier que ces dépenses avaient été faites dans le cadre des fonctions de lieutenant-gouverneur.

M. Bouchard a déclaré devant le tribunal qu'en 2008, le gouvernement fédéral acheminait la subvention globale en trois versements de 49 124 $. L'enquêteur a observé que Mme Thibault s'était fait un chèque à son nom pour la somme exacte.

«Il a été encaissé par Mme Thibault directement dans son compte», a-t-il dit.

Le procureur de la Couronne Marcel Guimont a terminé la journée en déposant des déclarations de témoins entendus en enquête préliminaire. M. Guimont a expliqué que de cette façon, le procès durera deux à trois jours de moins.

Dans un rapport conjoint déposé il y a sept ans, les vérificateurs généraux du Québec et du Canada, Renaud Lachance et Sheila Fraser, avaient conclu qu'entre 1997 et 2007, l'ancienne représentante de la reine a obtenu des remboursements totalisant 700 000 $ pour des dépenses qui n'étaient pas reliées à ses fonctions.

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