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Guinée: un rapport officiel veut exclure Steinmetz de la mine de Simandou

10/04/2014 11:32 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Un rapport gouvernemental guinéen a recommandé l'annulation de la concession minière accordée au milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz pour la mine de fer géante de Simandou, concluant qu'il l'avait obtenue par "corruption".

Le groupe BSGR de Beny Steinmetz, qui a fait fortune dans le diamant, a violemment nié ces accusations, s'en prenant au président Alpha Condé qu'il accuse de vouloir "récompenser des alliés politiques qui l'auraient aidé à truquer son élection, en leur donnant les droits miniers légalement acquis par BSGR".

Le groupe avait obtenu cette licence d'exploitation en 2008 et investi 170 millions de dollars dans la mine, le plus important gisement mondial de fer non encore exploité. 18 mois plus tard, il avait revendu 51% de ses parts au géant minier brésilien Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit 20 fois sa mise initiale.

La Guinée, scandalisée par cette énorme plus-value, a engagé une procédure judiciaire contre le groupe de M. Steinmetz. L'affaire s'est étendue avec des procédures en Suisse et aux Etats-Unis.

Dans le rapport obtenu jeudi par l'AFP, le Comité technique de revue des titres et conventions miniers (gouvernemental) estime que "les titres et la convention aujourd'hui détenus par VBG (la société commune entre le groupe de Beny Steinmetz et Vale) ont été obtenus, pour les gisements de Simandou comme pour ceux de Zogota (sud-est), à la suite de pratiques de corruption".

D'après le rapport, pour obtenir la concession de Simandou, la société BSGR de Steinmetz a notamment versé, entre 2006 et 2010, par le biais d'intermédiaires, un total de 8 millions de dollars à la veuve de l'ancien président guinéen Lansana Conté, qui a dirigé le pays pendant 24 ans jusqu'à sa mort en 2008.

Le rapport propose en conséquence "le retrait du permis de recherche sur les blocs 1 et 2 Simandou", de "retirer la concession minière sur la zone dite de Zogota" et d'exclure de la procédure de réattribution des permis la société VBG.

Après son arrivée au pouvoir en novembre 2010, Alpha Condé, premier président démocratiquement élu en Guinée, a lancé des enquêtes anti-corruption pour récupérer le contrôle des richesses naturelles de Guinée.

"BSGR prouvera que ces accusations sont fausses", a réagi le groupe dans un communiqué publié sur son site internet. "Le gouvernement guinéen s'appuie sur des affirmations inventées, des témoins douteux et des procédures illégales afin de justifier le plan soigneusement orchestré par le président Alpha Condé pour récompenser des alliés politiques, qui l'auraient aidé à truquer son élection, en leur donnant les droits miniers légalement acquis par BSGR".

Le groupe, qui assure avoir "tenté de coopérer" avec les autorités "malgré leur partialité évidente", "exige de pouvoir se défendre lui-même dans un débat public qui respecte les règles et les conventions internationales", ajoute-t-il dans le communiqué. "La prochaine étape sera un arbitrage international".

Selon BSGR, le président Condé, qu'il accuse de "corruption", de "détournements et de harcèlement - sans parler du manque de transparence et de démocratie et de violations des droits de l'Homme -", aurait bénéficié du "soutien technique et financier inconditionnel d'activistes comme George Soros et les ONG qui oeuvrent comme ses groupes de pression personnels".

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