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France: la famille d'une femme disparue depuis 36 ans appelle à condamner son amant

10/04/2014 09:01 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Maurice Agnelet, un ex-avocat jugé en France près de 37 ans après la disparition de sa maîtresse Agnès Le Roux, une riche héritière, doit être condamné "sans le moindre doute" pour son meurtre, a réclamé jeudi l'avocat de la famille de la victime.

"Je ne croyais pas que la vérité éclaterait avec autant de certitude : Agnelet est coupable et nous savons où, quand et comment", a lancé Me Hervé Temime aux jurés de la cour d'assises de Rennes (ouest) à quelques heures du réquisitoire.

Selon l'avocat, "des preuves certaines vont vous permettre de condamner sans le moindre doute Maurice Agnelet". Il a cité notamment les "mensonges" de l'accusé, la dernière rencontre qu'il dit avoir eue avec Agnès Le Roux, la falsification de documents et un "mobile avéré, l'argent".

Pour l'avocat, les accusations du fils de Maurice Agnelet, Guillaume, qui a désigné lundi son père comme étant le meurtrier d'Agnès, sont crédibles. "Je n'ai aucun doute sur ce qu'il a dit, avec ce que ça lui a coûté", a-t-il assuré.

"Ce qui tue plus que la vérité, c'est le secret, et j'ai vécu plus de 30 ans dans le secret", avait dit Guillaume Agnelet, en larmes, après avoir révélé des "aveux" de son père mais aussi des propos rapportés par sa mère dans le passé.

Pour ajouter à la tournure dramatique des événements, la mère de Guillaume, Annie Litas, a envoyé un SMS à son fils mercredi soir, lui assénant: "Tu vas pouvoir dormir tranquille avec la mort de ta mère sur la conscience", menaçant implicitement de se suicider.

La police italienne a ouvert une enquête sur la recherche de possibles restes humains près de Monte Cassino, au sud de Rome, où aurait été tuée Agnès Le Roux.

Maurice Agnelet, à nouveau interrogé, a maintenu sa ligne de défense. "Non je n'ai pas tué Agnès", a-t-il répété, debout dans le box, la voix étouffée par des sanglots.

La disparition d'Agnès Le Roux, 29 ans, remonte au 30 octobre 1977.

Quatre mois plus tôt, elle avait vendu ses parts dans le casino familial à un concurrent. La somme, d'abord versée sur un compte commun aux deux amants, à Genève, s'est retrouvée après la disparition d'Agnès sur un compte au seul nom d'Agnelet.

Bénéficiaire d'un non-lieu en 1985, puis acquitté en 2006, Maurice Agnelet a été condamné en appel à 20 ans de prison en 2007, avant que la Cour européenne des droits de l'Homme n'estime début 2013 que ce procès n'avait pas été équitable.

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