POLITIQUE

Flaherty a laissé un pays en bonne santé, affirment Charest et Bachand

10/04/2014 05:51 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT
Bloomberg via Getty Images
James 'Jim' Flaherty, Canada's finance minister, smiles while speaking during a press conference after releasing the 2014 Federal Budget on Parliament Hill in Ottawa, Ontario, Canada, on Tuesday, Feb. 11, 2014. Flaherty ramped up efforts to return the country to surplus in a budget that raises taxes on cigarettes and cuts benefits to retired government workers while providing more aid for carmakers. Photographer: Cole Burston/Bloomberg via Getty Images

MONTRÉAL - Quelques mois avant que le Canada ne parvienne à l'équilibre budgétaire, Jim Flaherty s'est éteint à son domicile d'Ottawa, jeudi, laissant en héritage un pays qui aura su traverser la crise économique mieux que tout autre État du G7.

«Il aura été un leader important pendant la période de la crise, reconnu dans le G20 et le G7 comme étant un ministre des Finances exceptionnel», témoigne l'ancien premier ministre québécois Jean Charest.

Les deux hommes s'étaient rencontrés au début des années 1990 lorsque M. Flaherty avait donné son appui à M. Charest dans la course à la succession de Brian Mulroney à la tête du Parti progressiste-conservateur.

M. Charest se rappelle de celui qu'il appelle son ami comme d'un homme d'une grande intelligence qui ne manquait jamais de porter une cravate verte en clin d'oeil à ses origines irlandaises.

Lorsque Jim Flaherty accède au ministère des Finances à la suite de l'élection du gouvernement conservateur en 2006, c'est Jean Charest qui est à la tête du gouvernement québécois.

«Il a livré 10 budgets à titre de ministre des Finances et surtout il a été à la barre au moment de la plus grave crise financière et économique de notre époque et il a pris de très bonnes décisions», souligne M. Charest.

Un des legs importants de M. Flaherty pour le Québec aura notamment été le règlement du déséquilibre fiscal en 2007. «Le gouvernement fédéral, à ce moment, posait un geste extrêmement important qui nous a permis de faire une réduction d'impôt d'un milliard $ pour les contribuables québécois», se rappelle M. Charest.

Les deux hommes se sont parlés pour la dernière fois la semaine suivant la démission de M. Flaherty, annoncée le 19 février.

«Il était en grande forme», raconte M. Charest qui a d'ailleurs tenté de le recruter pour qu'il joigne le cabinet d'avocats McCarthy Tétrault pour lequel travaille l'ancien premier ministre.

«On se disait à quel point les transitions de la vie politique au privé peuvent être uniques ou enfin un peu embêtantes pour les familles, relate M. Charest. Il était à la maison et il disait que son épouse trouvait qu'il passait un peu trop de temps à gérer les affaires de la maison!»

C'est également d'un homme d'une grande générosité avec un sens de l'humour aiguisé dont se souvient l'ancien ministre québécois des Finances Raymond Bachand.

«Même dans nos désaccords, c'était très courtois», mentionne-t-il.

«Ce qui me touche, c'est que c'est un homme pragmatique qui a su mettre de côté les idéologies pour vraiment défendre l'économie du Canada lors de la grande crise et intervenir massivement dans l'économie», ajoute M. Bachand.

Les deux ministres des Finances avaient notamment réglé l'épineux dossier de l'harmonisation des taxes de vente, «un contentieux qui durait depuis plus de 20 ans et qui a permis au Québec de toucher plus de 2 milliards $», tient à rappeler M. Bachand.

Le ministre québécois sortant des Finances, Nicolas Marceau, a également salué la mémoire de cet «homme de conviction».

Les deux politiciens avaient leur lot de différends, notamment sur la question de la Commission des valeurs mobilières, a rappelé M. Marceau. Il n'a toutefois pas manqué de reconnaître la rigueur de M. Flaherty, «un adepte de la discipline budgétaire».

Une discipline qui faisait de lui un réel bourreau de travail, mentionne l'économiste Clément Gignac, qui a été l'un des conseillers de M. Flaherty durant la crise économique.

«Son leadership intellectuel était très, très fort», témoigne-t-il.

«Il a fait une gestion très serrée des finances publiques, en réduisant la taille de l'État, en abaissant les impôts et en gérant cette crise avec un grand leadership», se rappelle M. Gignac, ne manquant pas de noter que M. Flaherty a rendu son dernier souffle quelques mois seulement avant que le gouvernement ne retrouve l'équilibre budgétaire.

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