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Espagne: un ex-policier franquiste, réclamé par la justice argentine, nie avoir torturé

10/04/2014 07:38 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Un ancien policier franquiste, surnommé "Billy el Niño" (Billy the Kid), a nié jeudi avoir torturé quiconque devant la justice espagnole et a de nouveau refusé son extradition vers l'Argentine, qui l'accuse, avec un ex-garde civil, de crimes contre l'humanité.

Les deux hommes sont poursuivis dans le cadre de l'enquête ouverte en 2010 par la juge Maria Servini de Cubria en Argentine pour génocide et crimes contre l'humanité pendant la Guerre civile (1936-1939) et la dictature de Francisco Franco (1939-1975).

"Nous nions les faits" de torture, a affirmé l'avocat de Juan Antonio Gonzalez Pacheco, âgé de 67 ans, lors de l'audition de l'ex-policier devant le tribunal de l'Audience nationale, qui doit se prononcer sur la demande d'extradition.

Ces affirmations ont soulevé l'indignation de victimes présentes dans la salle tandis que des dizaines d'autres, à l'extérieur, criaient des slogans comme "Nous avons une mémoire, nous réclamons justice".

Le procureur, Pedro Martinez, s'est de nouveau prononcé contre l'extradition de "Billy el Niño", réputé pour avoir été l'un des membres les plus craints de la police politique franquiste, comme il l'avait déjà fait par écrit le 31 janvier.

Le 3 avril, la justice espagnole avait entendu l'ex-garde civil Jesus Muñecas Aguilar, 75 ans, impliqué dans la tentative de coup d'Etat du 23 février 1981. Le procureur s'était également opposé à son extradition, estimant notamment que les faits sont prescrits.

Face au refus de la justice espagnole d'enquêter sur les crimes du franquisme, couverts par la loi d'amnistie de 1977, des associations de victimes s'étaient tournées vers l'Argentine. Muñecas a été inculpé de tortures commises contre un détenu en 1968 dans une caserne de la Garde civile au Pays Basque.

Juan Antonio Gonzalez Pacheco est quant à lui poursuivi par la magistrate argentine pour sa participation présumée à des tortures sur 13 détenus entre 1971 et 1975.

Après son audition jeudi, l'ex-policier est sorti du tribunal, casque sur la tête et saluant les journalistes, avant de partir à moto.

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