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Crise en Ukraine : Moscou menace de cesser les livraisons de gaz

10/04/2014 07:14 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Le président russe Vladimir Poutine a averti les dirigeants européens jeudi qu'il cesserait de livrer du gaz en Ukraine si cette dernière ne payait pas ses factures. Cela pourrait plonger l'Europe dans un état critique du fait que l'Union européenne importe le quart de son gaz de Russie, dont près de la moitié transite par l'Ukraine.

Les États-Unis affirment que la Russie utilise son gaz comme « un outil de coercition » pour régler ses différends avec l'Ukraine.

Le secrétaire du Trésor américain Jacob Lew a d'ailleurs expliqué que les États-Unis sont prêts à mettre en place de nouvelles sanctions contre la Russie si la situation escaladait avec l'Ukraine.

La Hongrie, qui ne reconnaît pas la légitimité du référendum tenu en Crimée, a également offert de livrer du gaz naturel à l'Ukraine, son pays voisin. Les Hongrois reçoivent la majeure partie de leur gaz de la Russie via un gazoduc qui traverse l'Ukraine. Ils sont prêts à acheminer 16,8 millions de mètres cubes de gaz par jour en Ukraine.

Cette menace des Russes survient tout juste après l'augmentation des prix du gaz de 80 % en quelques jours.

Images-chocs révélées par l'OTAN

Par ailleurs, l'OTAN a partagé des photos satellitaires montrant 40 000 soldats russes près de la frontière avec l'Ukraine. Des chars, des véhicules blindés, de l'artillerie et des avions de chasse sont aussi déployés le long de la frontière orientale de l'Ukraine avec la Russie.

À Moscou, un responsable de l'état-major russe cité par l'agence de presse RIA a nié les faits. Il affirme que les photos ont été prises en août 2013, avant le déclenchement de la crise en Ukraine.

Un responsable de l'OTAN a immédiatement rétorqué que les dates lors desquelles les images ont été prises sont indiquées sur chaque photo. Les images datent de la fin mars au mois d'avril.

Mines à la frontière

De son côté, une délégation ukrainienne a accusé les Russes d'avoir posé des mines antipersonnel en Crimée et aux abords de la péninsule, lors d'une réunion à Genève sur le respect du traité d'Ottawa sur des mines antipersonnel. La délégation a affirmé vouloir déminer les terrains, mais que cela est impossible tant et aussi longtemps qu'elle n'a pas retrouvé sa légitimité sur la Crimée, toujours considérée comme une partie intégrante de l'Ukraine.

Un militant ukrainien dit avoir été torturé

Pendant ce temps, en Autriche, un militant ukrainien a déclaré avoir été enlevé et torturé en mars par une faction pro-russe en Crimée, avant d'être libéré 11 jours
plus tard dans le cadre d'un échange de prisonniers. Andreï Chtchekoune a fait ses déclarations à la presse à Vienne, en marge d'une conférence sur la torture organisée par le département des droits de l'homme de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

« Il faut que la communauté internationale agisse pour empêcher ce qui se passe en Crimée et pour défendre ceux qui ne veulent pas être intégrés à la Russie mais doivent toujours supporter la crise en cours », a-t-il exhorté.

Mikhaïl Cheremet, commandant de la force d'« autodéfense » criméenne et responsable, selon Chtchekoune, des tortures en
question, a nié les allégations du militant ukrainien.

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