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Angela Merkel à Athènes en grand témoin de la résurrection grecque

10/04/2014 10:00 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

La chancelière allemande Angela Merkel était attendue vendredi après-midi à Athènes en point d'orgue d'une semaine faste pour le gouvernement grec qui a réussi son retour sur les marchés après quatre ans de quarantaine financière et de purge économique.

La résurrection était à ce prix, pourrait bien soutenir la responsable de la première économie européenne, partisane depuis le début de la crise grecque d'une rigueur sans concession qui trouvera des arguments dans les derniers événements.

Jeudi, la Grèce a réalisé sa première émission obligataire depuis 2010: la vente, sursouscrite au moins huit fois, une demande phénoménale, a permis de distribuer 3 milliards d'euros d'obligations à cinq ans à un taux de 4,95%.

Ce placement est une réussite inespérée pour un pays encore classé comme valeur spéculative par les agences de notation.

Pour la fragile coalition du conservateur Antonis Samaras avec les socialistes, "cela pourrait suffire à survivre aux prochaines élections (...) Pour la chancelière et l'opinion publique sceptique des pays endettés, c'est une bonne opération de relation publique", constatait jeudi le quotidien allemand Münchner Merkur.

Le déplacement de Mme Merkel constitue "le deuxième vote de confiance" pour la Grèce après celui des marchés, analysait le quotidien grec Ethnos.

"+Voyez chers Grecs, ce fut dur pour vous, mais à présent ça repart+: voilà ce que devrait proclamer la chancelière", pronostiquait cette semaine l'allemand "Die Zeit", voyant dans ce discours un "signal fort" avant le scrutin européen du mois de mai.

"Les récents résultats économiques de la Grèce prouvent que la voie suivie était la bonne" pour sortir le pays de l'ornière, avait déjà défendu dimanche le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, également à destination d'Allemands parfois irrités des milliards dépensés pour la Grèce.

Angela Merkel rencontrera des entrepreneurs, avant une conférence de presse avec M. Samaras.

- 'Politique destructrice' -

En octobre 2012, la dernière visite à Athènes de la chancelière, très impopulaire en Grèce, avait été marquée par le défilé de dizaines de milliers de manifestants anti-austérité.

Très tendues au moment où la crise culminait, les relations entre les deux pays se sont améliorées et Mme Merkel, louant les sacrifices des Grecs, avait encouragé M. Samaras à poursuivre ses réformes lors de la dernière visite de celui-ci à Berlin, en novembre.

Après un attentat à la voiture piégée jeudi matin près de la Banque de Grèce en plein coeur d'Athènes, le centre-ville était vendredi sous haute sécurité et interdit aux manifestations, une routine désormais à chaque visite d'un haut responsable européen.

La gauche radicale du Syriza, principal parti d'opposition, au coude à coude dans les sondages avec le parti d'Antonis Samaras, a néanmoins appelé, avec plusieurs syndicats, à un rassemblement pour dénoncer une visite "en soutien au gouvernement grec et à sa politique destructrice avant les élections".

Le retour sur les marchés "ne s'appuie pas sur une amélioration des données économiques (...) mais doit permettre à Mme Merkel de soutenir dans son pays que l'austérité a réussi à la Grèce", critiquait le quotidien de gauche Eleftherotypia.

L'Allemagne reste associée au cauchemar économique et social traversé par les Grecs: chômage à 26,7%, le plus haut d'Europe, PIB amputé d'un quart en six ans de récession, chute des revenus de la population d'un tiers entre 2007 et 2012, et près du quart des ménages menacés par la pauvreté.

la Grèce, sous perfusion de ses partenaires européens et du FMI, a reçu environ 240 milliards d'euros à travers deux programmes de prêts successifs.

Le pays espère sortir de ces plans d'aide en 2016. Il devrait renouer avec la croissance cette année, mais malgré un excédent budgétaire primaire en 2013, reste confronté à une dette qui atteignait 177% du PIB en fin d'année.

Cette situation fragile laisse peser la possibilité d'une restructuration de la dette ou d'un troisième plan d'aide, questions sur lesquelles l'Allemagne aura un avis prépondérant.

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