NOUVELLES

Poutine met en garde l'Ukraine sur ses livraisons de gaz

09/04/2014 09:35 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde mercredi l'Ukraine sur les livraisons de gaz russe, que Kiev refuse de payer au tarif actuel, avertissant que le soutien de Moscou à l'économie de l'ex-république soviétique ne pouvait pas durer "éternellement".

M. Poutine a demandé à Gazprom de s'abstenir pour l'instant d'exiger un prépaiement pour ses livraisons à Kiev, en attendant la tenue de nouvelles négociations. En cas d'échec, "ils ne recevront que ce qu'ils auront payé", a tranché M. Poutine lors d'une réunion du gouvernement.

Kiev a accumulé 2,2 milliards de dollars d'impayés et refuse l'augmentation des prix décidée par Moscou, qui fait passer au 1er avril le prix du millier de mètres cubes de 268 dollars à près de 500 dollars, un tarif sans équivalent en Europe.

Le ministre ukrainien de l'Energie Iouri Prodan a répété mercredi que Kiev ne paierait pas tant que Moscou ne serait pas revenu sur sa décision d'annuler les réductions en vigueur jusqu'à alors, et assuré avoir adressé à Gazprom "des propositions constructives".

"Je considère qu'il y a toutes les raisons de passer à un système de prépaiement", a estimé le Premier ministre Dmitri Medvedev, jugeant la situation "critique".

M. Poutine a cependant décidé de donner une chance à "des négociations supplémentaires" en raison de "la situation difficile" dans laquelle se trouve l'Ukraine, tout en soulignant que la Russie ferait valoir ses droits contractuels.

"La situation est pour le moins étrange: nos partenaires européens reconnaissent la légitimité du pouvoir à Kiev mais ne font rien pour soutenir l'Ukraine, pas un dollar, pas un euro", a-t-il relevé.

"La Russie ne reconnaît pas la légitimité du pouvoir en place à Kiev mais continue d'apporter un soutien économique à l'Ukraine (...) cette situation ne peut pas durer éternellement", a ajouté M. Poutine.

L'aide financière occidentale, qui doit totaliser 27 milliards de dollars, doit encore être officiellement confirmée courant avril par le FMI avant d'être versée.

Le contentieux entre le pouvoir de transition pro-européen au pouvoir à Kiev depuis la destitution du président Viktor Ianoukovitch et la Russie fait craindre une répétition des "guerres du gaz" de 2006 et 2009. Moscou avait coupé ses approvisionnements, perturbant les approvisionnements de l'Union européenne.

La situation est actuellement moins critique, la saison hivernale de chauffage touchant à sa fin et l'UE étant un peu moins dépendante des livraisons transitant via l'Ukraine, grâce notamment au lancement du gazoduc Nord Stream qui achemine du gaz russe via la mer Baltique.

Pour éviter une crise gazière, Bruxelles souhaite augmenter ses approvisionnements de Norvège, d'Algérie et en gaz naturel liquéfié transportable par bateau. L'UE s'est engagée par ailleurs à aider Kiev à trouver de nouvelles sources, en renvoyant vers le territoire ukrainien du gaz importé de Russie vers l'Europe centrale pour un prix moindre, un procédé jugé d'ores et déjà illégal par Gazprom.

bur-gmo/lpt/abk

PLUS:hp