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Nucléaire iranien : la négociation passe à la vitesse supérieure

09/04/2014 10:38 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

L'Iran et les grandes puissances ont annoncé mercredi être prêts à lancer la rédaction d'un accord qui mettrait fin, s'il était adopté, à une décennie de controverses sur le programme nucléaire de Téhéran.

"La partie difficile approche avec le début de la rédaction de l'accord" le 13 mai à Vienne, a déclaré à la presse iranienne Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères de la République islamique, après deux journées de discussions intenses dans la capitale autrichienne.

Son interlocutrice pour les "5+1" (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, a évoqué pour sa part l'entrée dans "la prochaine étape" d'une négociation incroyablement complexe et serrée.

Tous deux ont souligné, dans une déclaration conjointe, qu'un "travail intensif sera nécessaire pour résoudre les divergences qui demeurent".

La prudence reste donc de mise. Mais le chemin déjà parcouru est important après trois mois de ce dialogue que peu d'observateurs auraient imaginé il y a un an, et qui est devenu possible après que Téhéran a accepté, en novembre dernier, de geler une partie de ses activités atomiques en échange d'une levée partielle des sanctions qui étouffent son économie.

M. Zarif a estimé mercredi que les deux parties avaient déjà résolu "50 à 60% des questions", citant l'enrichissement d'uranium parmi celles qui restent.

L'étendue du programme iranien d'enrichissement est justement au coeur de la suspicion des grandes puissances, qui veulent s'assurer que l'Iran ne pourra pas se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil.

Concrètement, les deux parties doivent se mettre d'accord sur le nombre et le type de centrifugeuses (les appareils réalisant l'enrichissement) utilisables par l'Iran.

Le réacteur à eau lourde d'Arak est un autre point épineux. Cet équipement, encore en construction, utilise la filière du plutonium, qui pourrait elle aussi servir à fabriquer une bombe nucléaire. L'Iran répète que les travaux de construction d'Arak se poursuivront, mais se dit prêt à utiliser de "nouvelles technologies" pour apaiser les inquiétudes occidentales.

L'accord final qui est discuté supprimerait toutes les sanctions en échange de garanties solides et vérifiables. Ces dernières consisteraient, entre autres, à augmenter les possibilités de contrôle des installations iraniennes par des inspecteurs de l'ONU.

La délégation iranienne et celle du "5+1" ont pour mission d'aboutir à un document final d'ici au 20 juillet, même si ce délai pourrait être prolongé.

En cas d'échec des négociations, l'Iran pourrait reprendre ses travaux nucléaires, et selon le secrétaire d'État américain John Kerry, il ne lui faudrait que deux mois pour disposer de suffisamment de matériau pour confectionner une bombe atomique, ce qui entraînerait une réaction "immédiate" des États-Unis.

cs/bir

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