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Liban: des secouristes se jettent à l'eau pour être titularisés

09/04/2014 09:45 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Une vingtaine de secouristes volontaires de la Défense civile libanaise ont trouvé mercredi un moyen original d'obtenir leur titularisation: ils se sont jetés dans la mer devant les caméras, jurant qu'ils ne sortiraient qu'une fois leur titularisation actée.

Vêtus de leur uniforme bleu marine, ils se sont rassemblés sur la plage publique de Ramlat al Baïda, à l'entrée sud de Beyrouth. Puis ils se sont avancés dans l'eau, sous l'oeil vigilant de leurs collègues debout sur des périssoires, et des caméras des chaînes de télévision.

Après trois heures à barboter, le Parlement a fini par voter leur intégration.

Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a affirmé que "les députés avaient adopté la loi ouvrant la voie à la titularisation, après un concours réservé uniquement à ceux qui font déjà partie de ce corps". "Justice est faite à ceux qui ont payé avec leur sang durant les missions les plus difficiles", a-t-il ajouté.

Créée en 1945 et aimée de la population, la Défense civile regroupe 700 membres. Ils sont pompiers, ambulanciers ou sauveteurs en mer. Seule une très petite partie est salariée, et la grande majorité sont des volontaires qui ne perçoivent des indemnités que lors des interventions.

Le Liban était par ailleurs paralysé mercredi par une grève générale des fonctionnaires, des enseignants et des employés de plusieurs autres institutions parapubliques, qui réclament la revalorisation indiciaire adoptée il y a plus d'un an par le gouvernement, mais jamais avalisée par le parlement.

Et pour cause: les députés ne se sont pas réunis depuis plus d'un an. La crise politique majeure que vit le Liban a en effet empêché la tenue des élections législative prévus en juin dernier, et le nouveau gouvernement n'a été formé qu'en mars, après neuf mois de vacances du pouvoir.

Depuis que les députés se sont remis au travail, il y a moins de deux semaines, chaque catégorie se sentant lésée essaie de faire pression sur eux. Mercredi, les mécontents s'étaient donné rendez-vous sur la place Riad Solh, près du parlement.

rd/sk/cbo

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