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La Grèce prête à remettre en question l'emploi à vie des fonctionnaires

09/04/2014 12:35 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Le ministre grec en charge de la fonction publique a estimé mercredi que "la société grecque était mûre pour ouvrir le débat sur l'inamovibilité des fonctionnaires", déjà sous le coup d'une cure d'austérité qui a entamé leurs salaires et conduit des milliers d'entre eux au chômage technique.

"Je crois que nous sommes mûrs pour ouvrir le débat sur la fin de l'inamovibilité dans la fonction publique", a déclaré Kyriakos Mitsotakis, ministre de la réforme administrative sur la radio Vima FM.

"C'est une discussion que nous devons avoir -savoir si ça concernera les nouveaux ou les anciens agents- parce qu'il y a plusieurs pistes possibles, mais la société est mûre pour ouvrir le débat" de l'emploi à vie dans la fonction publique, a ajouté le ministre du gouvernement de coalition socialistes-conservateurs d'Antonis Samaras.

M. Mitsotakis a estimé qu'il "fallait mettre à l'agenda" la réforme constitutionnelle nécessaire à la mise en oeuvre de ce bouleversement du régime de l'emploi dans la fonction publique. "Une première étape" serait d'appliquer le dispositif existant permettant aux fonctionnaires de passer par une période d'essai, selon le ministre.

Parallèlement au secteur privé qui a enregistré une baisse des salaires et une dérégulation du droit du travail au fil des plans de rigueur successifs, les fonctionnaires grecs ont vu leur traitement et leur retraite amputés en moyenne de 20% selon l'OCDE.

Depuis juillet 2013, la Grèce expérimente également, en vertu des exigences de ses bailleurs de fonds UE et FMI, la "mise en disponibilité" des agents de la fonction publique: plus de 20.000 ont été suspendus de leurs fonctions durant 8 mois, payés aux trois-quarts, dans l'attente d'une nouvelle affectation ou d'un licenciement. L'objectif assigné est de 25.000 personnes.

La semaine dernière, Kyriakos Mitsotakis avait affirmé que le pays, régulièrement critiqué pour l'inefficacité de son administration, comptait 200 000 fonctionnaires de moins qu'il y a quatre ans, du fait notamment de la règle du remplacement d'un seul agent sur cinq partant à la retraite.

Alors que les critères de sélection des fonctionnaires mis en disponibilité sont régulièrement mis en cause par les syndicats, le ministre a affirmé sur Vima FM que le gouvernement s'était affranchi des "objectifs quantitatifs" imposés par ses créanciers pour leur substituer des paramètres "qualitatifs".

smk/plh

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