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Indonésie: l'opposition remporte les élections législatives

09/04/2014 04:07 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Le principal parti d'opposition a remporté mercredi les élections législatives indonésiennes, selon des estimations, ce qui place sur orbite le très populaire gouverneur de Jakarta pour la présidentielle de juillet.

Le Parti démocratique indonésien de la lutte (PDI-P) est arrivé en tête avec 19% à 20% des voix, selon les estimations.

Ce score est toutefois inférieur aux 25% que prévoyaient les sondages avant le scrutin, ce qui pourrait compliquer la tâche pour la présidentielle du gouverneur de la capitale, Joko Widodo, surnommé "Jokowi".

"Dieu merci, le peuple a fait confiance au PDI-P", a déclaré à la presse M. Widodo, ancien vendeur de meubles âgé de 52 ans qui s'est imposé comme le héraut des laissés-pour-compte et des travailleurs modestes face aux élites corrompues.

Le centre de réflexion CSIS donnait mercredi le PDI-P vainqueur avec 19,06% des suffrages, selon une projection basée sur les résultats de quelque 2.000 bureaux de vote.

Une estimation d'un autre institut donnait le PDI-P vainqueur avec 19,73% des voix, sur la base d'un échantillon similaire à celui du CSIS.

Le Parti démocratique du président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono était, lui, crédité de quelque 10% des voix, soit moitié moins que le score qu'il avait réalisé lors des législatives de 2009.

Alors qu'il est actuellement le principal parti au parlement, les sondages d'avant le scrutin le plaçaient en quatrième position.

Son effondrement intervient après une série de scandales de corruption. Ayant déjà effectué deux mandats, M. Yudhoyono ne peut pas se présenter à la présidentielle de juillet.

Les résultats officiels des législatives ne doivent être annoncés qu'en mai, mais dans le passé les estimations des instituts se sont révélées fiables.

Ces législatives, les quatrièmes depuis la chute de la fin de la dictature de Suharto en 1998, se sont déroulées sur trois fuseaux horaires dans ce pays de plus de 250 millions d'habitants.

Elles avaient débuté sous une pluie battante en Papouasie, la partie plus orientale de l'archipel, à 07h00 heure locale (22h00 GMT mardi). Le scrutin s'est ensuite étendu aux îles du centre, dont la principale, Java, puis à l'ouest.

- l'ambition caché de "Jokowi" -

Seuls les partis recueillant plus de 20% des 560 sièges au Parlement, ou 25% des suffrages, sont habilités à présenter un candidat à l'élection présidentielle.

Faute d'avoir atteint ces chiffres, le PDI-P devra former une coalition pour présenter son candidat.

Loin derrière dans les sondages pour la présidentielle, le principal adversaire de M. Widodo est Prabowo Subianto, un ancien officier supérieur des forces spéciales qui a été accusé de violations des droits de l'Homme.

Certains s'interrogent sur l'envergure nationale du gouverneur de Jakarta, qui ne dirige la région-capitale que depuis un peu plus d'un an.

Il n'a encore rien dévoilé de son projet pour le pays, alors que les chantiers sont immenses pour la première économie d'Asie du Sud-Est: ralentissement de la croissance (autour de 6%), pauvreté, corruption endémique, montée des intolérances religieuses.

Des médias locaux ont fait état mercredi de cas de candidats offrant aux électeurs de l'huile, du sucre ou des pots-de-vin pour tenter de s'assurer leur suffrage à la dernière minute, une pratique illégale mais répandue.

Les élections semblent toutefois s'être déroulées sans heurts majeurs et aucune violence n'a été signalée.

Selon les estimations, c'est le Golkar, l'ancien parti de Suharto, qui arrive en deuxième position des législatives, suivi par le Gerindra du candidat à la présidentielle Prabowo Subianto.

La surprise de ces législatives semblait devoir être le score des cinq partis islamiques, bien plus élevé que ce que les sondages avaient prévu avant le scrutin.

Plus de 85% des Indonésiens sont des musulmans sunnites, ce qui fait de l'archipel le pays musulman le plus peuplé du monde devant le Pakistan.

Les quelque 186 millions d'électeurs indonésiens étaient appelés à choisir parmi 230.000 candidats à des mandats parlementaires, provinciaux et locaux sur les 17.000 îles de l'archipel.

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