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France: l'extradition de l'oligarque kazakh Abliazov bloquée par la justice (sources concordantes)

09/04/2014 09:26 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

La justice française a bloqué mercredi le processus d'extradition de l'oligarque et opposant kazakh Moukhtar Abliazov, réclamé par l'Ukraine et la Russie qui l'accusent de fraude massive, a appris l'AFP de sources judiciaire et proche du dossier.

La cour de cassation, la plus haute juridiction française, a annulé deux avis favorables, rendus en décembre 2013 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence (sud), à son extradition qui sera de nouveau examinée par un tribunal, ont précisé ces sources.

Ancien dirigeant de la banque kazakh BTA, Moukhtar Abliazov est détenu depuis son interpellation dans une villa de la Côte d'Azur le 31 juillet. Il est soupçonné d'avoir commis des malversations financières à hauteur de plusieurs milliards de dollars.

Un des avocats de M. Abliazov, Me Jean-Pierre Mignard, a indiqué qu'une demande de remise en liberté de son client était désormais envisagée.

Les décisions de la Cour de cassation, dont les motivations n'étaient pas disponibles mercredi après-midi, interviennent au moment où sont apparus des soupçons d'espionnage.

Des SMS et des mails échangés entre avocats de l'Ukraine d'une part et des magistrats de l'autre ont été publiés sur un site ukrainien, donnant lieu à une plainte contre X du cabinet d'avocats représentant les intérêts de Kiev.

L'entourage de Moukhtar Abliazov dément avec force s'être rendu coupable de toute interception illégale.

Mais ses avocats ont relevé le "malaise" né des avis rendus en décembre par la cour d'appel d'Aix-en-Provence au vu de ces échanges qui, s'ils étaient authentifiés, dénoteraient selon eux d'une proximité entre juges du parquet général et du siège à Aix-en-Provence, mais aussi entre magistrats et avocats de l'Ukraine.

La défense de Moukhtar Abliazov s'inquiète notamment de l'échange, entre ministère public et siège, de pièces du dossier dont elle n'était pas informée.

Aussi ont-ils demandé mercredi à la ministre de la Justice Christiane Taubira de diligenter "une enquête de l'inspection générale des services judiciaires sur de possibles et graves dysfonctionnements de l'administration de la justice, et précisément le comportement prêté aux magistrats du siège et du parquet général".

La défense de Moukhtar Abliazov s'est dite convaincue que la justice française "se refusera à livrer un militant politique de premier rang, réfugié statutaire".

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