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Cellules STAP: la chercheuse Obokata défend leur existence

09/04/2014 12:40 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

"Le phénomène des cellules STAP est une réalité que j'ai vérifiée à plusieurs reprises", a affirmé mercredi la jeune chercheuse japonaise Haruko Obokata, apparue devant les caméras pour la première fois depuis qu'elle est accusée d'avoir manipulé des données relatives à ses recherches.

"Peut-être que cela dépassait mes compétences de signer un article dans la revue Nature", a reconnu celle qui, à 30 ans, dirige une unité de recherche de l'institut public Riken.

Mais, tout en reconnaissant des erreurs dans la façon dont ses résultats potentiellement révolutionnaires pour la médecine régénérative ont été présentés dans la revue britannique fin janvier, Mme Obokata a rejeté les accusations de "falsification et contrefaçons".

Elle a maintenu que les fautes de forme commises "par manque d'apprentissage" n'affectent pas la réalité du phénomène qu'elle a observé et appelé cellules STAP.

"J'ai établi ce fait à plus de 200 reprises", a assuré Mme Obokata.

"J'ai fait ces recherches pour que les STAP soient utiles pour quelqu'un un jour. J'ai fait des expériences quotidiennement", a-t-elle insisté, visiblement très émue et apeurée, sous les flashs incessants.

C'est la première fois qu'elle s'exprimait directement devant les médias depuis que la polémique a éclaté.

"Je ressens une grande responsabilité et demande pardon d'avoir causé des soucis au Riken et aux co-auteurs" des recherches, a-t-elle aussi déclaré en préambule.

"Je voulais parler plus tôt mais le Riken ne m'en a pas donné l'occasion", s'est-elle cependant plainte, assurant avoir "accumulé tant de choses à dire".

Haruko Obokata a publié en janvier dans la revue scientifique britannique Nature un article scientifique présentant une méthode inédite et particulièrement remarquée de création de cellules pluripotentes à partir de cellules matures.

Mais peu après, un des co-auteurs a contesté la publication, au motif qu'une partie des données publiées étaient selon lui fausses.

Le Riken a alors créé un comité d'enquête qui, la semaine dernière, a conclu à l'existence d'irrégularités dans la publication des résultats. Ces conclusions sont telles qu'elles ont fait douter de l'existence-même des cellules STAP, même si le comité ne s'est pas prononcé directement sur cet aspect.

Mme Obokata, parfois aidée par son avocat, s'est défendue mercredi sur tous les points litigieux soulevés depuis plusieurs semaines dans la presse et sur lesquels les journalistes l'ont interrogée sans ménagement, au point qu'elle a fini par pleurer.

Parfois aidée de son avocat, elle a aussi contesté avoir accepté de demander le retrait de la publication, comme l'a pourtant affirmé publiquement un de ses supérieurs hiérarchiques, responsable de l'institut Riken, lors d'une conférence de presse.

"Je veux que les recherches se poursuivent afin que soit prouvé que les STAP sont une réalité", a-t-elle demandé avant que son avocat ne détaille l'appel qu'elle a déposé auprès de son institut qui la menace de sanctions.

kap/ggy/ros

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