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Venezuela : vers un dialogue préparatoire gouvernement-opposition

08/04/2014 01:57 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

L'opposition et le gouvernement ont accepté de se rencontrer pour créer les bases d'un dialogue au Venezuela, pays secoué depuis plus de deux mois par des protestations antigouvernementales.

"Nous acceptons la proposition des ministres des Affaires étrangères (de l'Union des nations sud-américaines, Unasur) d'une réunion préparatoire afin de définir les conditions d'un dialogue public", a annoncé mardi à la presse Ramon Aveledo, secrétaire exécutif de la Table de l'unité démocratique (MUD), principale coalition de l'opposition, après une rencontre avec le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño.

Ce dernier fait partie d'une délégation de huit ministres des Affaires étrangères de pays de l'Unasur présents depuis dimanche à Caracas pour faciliter le dialogue politique au Venezuela, qui connaît une vague de manifestations depuis le 4 février.

Un peu plus tôt mardi, M. Patiño avait annoncé "une réunion préparatoire, dans l'après-midi ou la soirée, entre les représentants du gouvernement et ceux de la MUD" pour définir "l'agenda et la méthodologie" d'un futur dialogue.

La veille, les ministres avaient convaincu le président Nicolas Maduro de s'asseoir mardi à la même table que l'opposition, mais celle-ci avait refusé de se prononcer, posant comme préalables un principe d'égalité entre les parties, un "ordre du jour clair", la retransmission des débats par la radio-télévision et la participation d'une tierce partie "de bonne foi".

Le président Maduro, qui terminera la première année de son mandat le 19 avril, est confronté depuis plus de deux mois à une série de manifestations parfois violentes d'étudiants et d'opposants protestant contre l'insécurité, la mauvaise situation économique, les pénuries récurrentes et les brutalités policières.

Les violences survenues pendant ou en marge des manifestations ont officiellement fait 39 morts et plus de 600 blessés. L'intensité de la mobilisation a décru ces dernières semaines, mais des foyers épars de violence persistent dans plusieurs villes.

Le successeur du charismatique d'Hugo Chavez, mort en mars 2013, qualifie le mouvement de "tentative de coup d'Etat" et ses meneurs de "fascistes". Toutefois, il a plusieurs fois annoncé l'organisation d'un dialogue avec l'ensemble des parties en présence.

Mais ces tables rondes aux contours flous n'ont jamais abouti, l'opposition refusant de participer à ce qu'elle a qualifié de "farce" et de "monologue".

Au moins trois opposants politiques au président Maduro ont été placés en détention ces dernières semaines.

L'Unasur avait déjà dépêché une délégation à Caracas les 24 et 25 mars. A l'issue de sa mission, le principe d'un dialogue en présence d'un observateur neutre entre le pouvoir, l'opposition et des étudiants mécontents avait été accepté par toutes les parties.

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