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Une rupture a marqué la création d'une Caisse populaire unique au Manitoba

08/04/2014 05:54 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

En 2009, les résidents de Laurier, au Manitoba, ont quitté la Fédération des Caisses populaires pour adhérer au Credit Union d'un village voisin.

Un reportage de Michel Nogue Twitter Courriel

Jacques Saquet, aujourd'hui membre de la Prairie Mountain Credit Union, en a encore gros sur le coeur. « Quand on nous a largués, c'était pas mal déprimant. Moi, j'ai trouvé ça une grosse perte de notre vie », dit-il.

La rupture entre Laurier et l'ancienne Fédération des Caisses populaires du Manitoba est en quelque sorte une leçon pour tout le mouvement coopératif. Les gens se sentaient négligés par le siège social à Saint-Boniface. Ils avaient l'impression de ne plus avoir leur place dans un mouvement qui mise davantage sur l'efficacité et la rentabilité.

Jean-Louis Saquet est un fermier. Il est aussi vice-président du conseil d'administration de la Prairie Mountain Credit Union, dont fait partie le centre de service de Laurier.

« Le gouvernement a davantage de lois à suivre pour les Caisses et pour les Credit Unions, ce qui fait que ça nous pousse à nous regrouper ou à avoir des fusionnements », indique Jean-Louis Saquet.

Jean-Louis Saquet se souvient d'une conversation qui a marqué un tournant dans l'histoire de sa caisse, en 2009, quand Laurier faisait toujours partie de la Fédération des Caisses populaires du Manitoba qui préparait alors une fusion.

« Le président de la Fédération m'a dit : "si vous rentrez avec nous, si vous n'êtes pas rentables, on vous ferme les portes" », affirme Jean-Louis Saquet.

« Là, je ne me rappelle pas que ça été dit exactement comme ça », réplique Normand Collet, qui était à l'époque président du conseil d'administration de la Fédération des Caisses populaires du Manitoba.

Selon M. Collet, la situation était devenue intenable pour la Caisse populaire de Laurier. « Ils ne pouvaient pas assurer les services dont ils avaient besoin pour survivre comme entité financière. Même au niveau d'une unité parmi le groupe. Alors, ce n'était plus rentable pour eux autres. C'était très dur à voir », explique-t-il.

Laurier a alors décidé de se joindre à la Credit Union de Sainte-Rose, une collectivité située à 25 kilomètres plus au nord.

Selon les Saquet, la rupture avec la Fédération des Caisses populaires a diminué la présence du fait français dans leur collectivité.

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