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L'accent sur le logement, solution à l'itinérance

08/04/2014 03:40 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Un texte de Ralph-Bonet Sanon

L'approche prise par le vaste projet fédéral Chez soi met fin à l'itinérance rapidement, conclut le rapport final du projet de 110 millions de dollars auquel ont participé plus de 2000 sans-abri dans cinq villes canadiennes.

Durant deux ans, Chez soi a proposé un appartement, une subvention au loyer et des services de suivi intensif ou d'intensité variable à 1158 sans-abri de Moncton, Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver. Il a comparé les résultats de cette approche « Logement d'abord » aux résultats de 990 autres participants bénéficiant de services habituels. Le tout, afin de savoir si l'approche était plus efficace, représentait un meilleur investissement et serait applicable n'importe où au Canada.

À ces trois questions, la Commission de la santé mentale du Canada, qui pilotait le projet, dit oui. Son rapport conclut qu'avec l'approche « Logement d'abord », 62 % des participants étaient logés durant la totalité des six derniers mois du projet, contre 31 % des sans-abri recevant des services habituels. En outre, avec le modèle adopté par Chez soi, seulement 16 % des participants sont restés sans logis, tandis qu'avec les services habituels, ce pourcentage atteignait 42 %, dit le rapport.

Investissement judicieux

L'étude constate aussi que l'accent sur un logement stable en plus de services adaptés est un investissement « judicieux ». Elle évoque des économies moyennes de plus de 21 $ par tranche de 10 $ investis pour les itinérants ayant les besoins les plus élevés.

L'étude a aussi noté une « baisse remarquable » des nuitées dans les refuges, les urgences et cliniques de jour, les prisons, les centres de détention et les centres de désintoxication ».

Pour ce qui est des interactions avec l'appareil judiciaire, le projet n'a toutefois pas vu de différences remarquables entre les deux groupes de participants.

Par ailleurs, le rapport note que les bienfaits d'un logement vont au-delà de l'habitation. Des participants ont indiqué qu'avoir un chez soi « leur a insufflé l'espoir d'un rétablissement [...] ainsi que la motivation de "faire ce qu'il faut" [...] pour reprendre leur vie en mains, "se concentrer sur eux" et leur santé mentale ».

Convaincu, Ottawa impose le modèle

La ministre d'État au Développement social, Candice Bergen, a fait valoir l'approche locale du projet Chez soi. « L'itinérance à Ottawa est très différente de celle d'une petite ville de la Saskatchewan. L'itinérance dans le Nord manitobain est très différente de celle de Vancouver. Une partie de la force de Chez soi, c'est de permettre aux collectivités locales de prendre leurs propres décisions », a-t-elle déclaré mardi.

Depuis le 1er avril dernier, le gouvernement fédéral exige de 61 localités auxquelles il verse du financement dans le cadre du projet Chez soi d'embrasser le modèle « Logement d'abord ».

La ministre a toutefois stipulé qu'il y avait des exceptions à cette exigence pour les petites localités, qui n'ont pas toujours les ressources pour prendre l'approche du projet Chez soi.

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