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Japon: le FMI abaisse la prévision de croissance et tire un coup de semonce sur les "Abenomics"

08/04/2014 09:00 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Le FMI a abaissé sa prévision de croissance pour le Japon et tiré un coup de semonce sur les "Abenomics", la politique du Premier ministre Abe auquel il demande d'accélérer les réformes structurelles et la consolidation budgétaire.

Dans son rapport semestriel publié mardi, l'organisation pense que le produit intérieur brut (PIB) de la troisième puissance économique mondiale n'augmentera que de 1,4% en 2014, contre 1,7% espéré jusque-là. En 2015, il ne s'élèverait que de 1,0%.

Vedette en début d'année du forum économique de Davos, la politique japonaise est désormais désignée par le FMI comme l'un des principaux facteurs de risque pour la croissance mondiale, aux côtés de la zone euro.

Jusqu'à présent, la politique de relance du conservateur Shinzo Abe lancée il y a 15 mois s'est appuyée essentiellement sur des largesses budgétaires et une politique monétaire ultra-souple.

Mais le FMI prévient que "le tir des deux flèches restantes des Abenomics - les réformes structurelles et une consolidation budgétaire au-delà de 2015 - est essentiel pour atteindre l'objectif d'inflation et dynamiser la croissance".

La robuste croissance nippone du début 2013 a laissé la place à un rythme laborieux en fin d'année, et le PIB pourrait même décroître au deuxième trimestre 2014 à cause de la hausse le 1er avril d'une taxe sur la consommation (l'équivalent de la TVA française) qui va peser un temps sur l'activité.

Pour le Fonds, le salut des Abenomics passe par "d'ambitieuses mesures pour doper le potentiel de croissance - la troisième flèche - pendant la session parlementaire du premier semestre 2014".

M. Abe a beaucoup promis pour l'avenir: accords de libre-échange avec les Etats-Unis via le partenariat trans-Pacifique (TPP) et l'Union européenne, réforme du marché du travail, restructuration du secteur agricole, encouragement au travail des femmes, etc. Peu a été concrétisé pourtant jusqu'à présent.

Rejoignant les rangs des impatients, le FMI appelle en outre le gouvernement à mettre sur pied "un plan précis pour stabiliser les finances au-delà de 2015". Avec une dette publique brute représentant quelque 250% de son PIB, le Japon est en effet le pays développé le plus endetté.

pn/ros

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