POLITIQUE

Un gouvernement «compétent, intègre et transparent», promet Philippe Couillard (VIDÉO)

08/04/2014 12:11 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

SAINT-FÉLICIEN, Qc - Fort d'une victoire écrasante, Philippe Couillard s'est engagé lundi soir à diriger un gouvernement libéral majoritaire «responsable, compétent, intègre et transparent».

Devant plus de 200 militants endiablés réunis dans un hôtel de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, le premier ministre élu a joué la carte du rassembleur en proclamant la fin de la «division».

«J'agirai de manière constructive pour que le Québec soit à nouveau un leader dans la fédération canadienne. Chers amis, la division est terminée. La réconciliation est arrivée», a-t-il lancé sous les applaudissements de la foule.

Flanqué de sa femme Suzanne, le chef libéral a pris le temps de saluer tous ses vis-à-vis des camps adverses, au premier chef Pauline Marois, dont il a souligné la longue contribution politique et historique à titre de première femme première ministre. Il a eu de bons mots pour la campagne «fougueuse» de François Legault et s'est réjoui de la décision du chef de la CAQ de demeurer dans l'arène politique.

M. Couillard a dit accepter sa responsabilité de premier ministre avec «sérénité, humilité et confiance» devant l'ampleur de la tâche à accomplir.

«Ce soir, tout le Québec a gagné en se donnant un gouvernement stable», a-t-il affirmé au sujet du fort mandat majoritaire que les électeurs lui ont accordé.

«Le Québec a désormais pour priorité l'économie et l'emploi. Il a choisi l'union et l'ouverture. Cette victoire est celle du respect, celle d'un peuple fort, fier et ambitieux. C'est nous les Québécois», a-t-il ajouté.

Le nouveau chef du gouvernement s'est également adressé aux immigrants, dont plusieurs ont été heurtés par le débat sur la charte des valeurs ces derniers mois.

«Je veux leur dire: le temps des blessures est derrière nous. Bienvenue, vous êtes ici chez-vous», a-t-il dit.

Souvent critiqué pour sa tiédeur à l'égard de la défense du français, le chef libéral a promis de veiller avec «force et passion» à l'épanouissement de «la seule société à majorité francophone en Amérique du Nord».

M. Couillard a ramené les troupes libérales aux commandes de l'État seulement 18 mois après la défaite du 4 septembre 2012 aux mains du Parti québécois. Le message des électeurs a été implacable: le PLQ a raflé 70 circonscriptions, 40 de plus que le PQ de Pauline Marois et loin devant la Coalition avenir Québec (CAQ).

Il a été facilement élu dans sa circonscription de Roberval avec près de 7000 voix de majorité sur le député péquiste sortant Denis Trottier.

Même les stratèges libéraux avouaient leur surprise lundi soir devant l'ampleur de la victoire et les prochains jours s'annoncent chargés pour le comité de transition que dirige l'ancien chef libéral et ex-premier ministre Daniel Johnson.

Les libéraux n'étaient pas donnés gagnants au déclenchement des élections le 5 mars alors que le Parti québécois semblait avoir le vent dans les voile. La situation a tourné à l'avantage du PLQ lorsque la campagne a pris des allures de bataille référendaire. À partir de ce moment, le Parti libéral a pris un élan qui n'a pas ralenti.

Les attaques répétées de la chef péquiste et des ténors du PQ sur l'intégrité personnelle de M. Couillard ainsi que les allusions au lourd héritage de Jean Charest sur le plan de l'éthique ne sont pas parvenues à renverser la tendance.

M. Couillard a eu pourtant son lot d'embûches pendant les 33 jours du périple électoral.

En outre, il a eu à défendre le bilan d'un gouvernement qu'il n'a pas dirigé.

La présence de 18 ex-ministres du gouvernement Charest dans son équipe avait amené ses adversaires à mettre en doute sa volonté de tirer un trait sur les pratiques de financement politique douteuses ou illégales associées à l'ancienne administration.

M. Couillard a dû également justifier sa conduite à plusieurs reprises pendant la campagne, notamment sa décision d'ouvrir un compte dans une banque à l'île Jersey, un «paradis fiscal», à l'époque où il travaillait en Arabie saoudite. La relation d'affaires qu'il a entretenue dans le passé avec le docteur Arthur Porter, ex-directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) accusé de fraude et de corruption, est également venue le hanter.

Fédéraliste sans complexe, le leader du PLQ a eu du mal en début de campagne à expliquer ce qu'il entendait faire du dossier constitutionnel, mais c'est sur la langue qu'il estime avoir trébuché.

Il a admis qu'il aurait eu avantage à «clarifier» ses propos sur la langue de travail lors du débat des chefs à TVA. Son plaidoyer en faveur du bilinguisme sur le plancher de l'usine ne visait pas tous les travailleurs, mais plutôt ceux qui sont en contact avec la clientèle, a-t-il nuancé dans son bilan de campagne, dimanche.

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