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FMI : Les pays émergents, un moteur toujours puissant, mais le risque de caler augmente

08/04/2014 10:13 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Les pays émergents font face à des risques croissants, pour eux mêmes et pour l'économie mondiale, mais leurs perspectives de croissance restent bonnes, selon les prévisions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) dévoilées mardi.

Les pays émergents et en développement devraient enregistrer une hausse de leur PIB de 4,9% en 2014, selon les chiffres du FMI, qui révise à la baisse de 20 points de base sa précédente estimation de janvier.

"Ces économies s'adaptent à un environnement financier international plus difficile, dans lequel les investisseurs sont plus attentifs aux fragilités et aux vulnérabilités (propres à chaque pays émergents, ndlr) en raison de meilleures perspectives de croissance et de la normalisation des politiques monétaires dans certaines économies avancées", selon le FMI.

Comprendre : la reprise américaine et la perspective de la fin de la politique ultra-généreuse de la Réserve fédérale poussent les investisseurs à rapatrier leurs fonds des pays émergents vers les pays avancés, offrant des rendements certes inférieurs, mais en progression, et limitant par là-même la croissance des émergents.

Le phénomène s'est déclenché en mai 2013 de manière brutale, provoquant des turbulences financières dans nombre de pays émergents, avant que le situation ne se stabilise un peu, mais cette perspective pèse toujours sur ces pays.

Le phénomène pourrait durer un certain temps puisque, selon le Fonds, "les flux de capitaux vers les pays émergents resteront inférieurs en 2014 à ce qu'ils ont été en 2013, avant de se ressaisir modestement en 2015". Ainsi, il prévoit pour 2015 une croissance des pays émergents et en développement de 5,3%, en retrait de 10 points de base par rapport à l'estimation de janvier.

Pesant plus des deux tiers de la croissance mondiale (avec les pays en développement), les émergents restent évidemment un moteur de l'économie mondiale, mais ils lui font courir des dangers croissants, estime le Fonds, qui cite un tarissement plus rapide que prévu des flux de capitaux, un ralentissement chinois plus marqué, ou encore les risques géopolitiques provoqués par la crise ukrainienne.

- "Réactions en chaîne" -

"Un ralentissement prolongé des économies émergentes reste un sujet de préoccupation essentiel", estime le Fonds.

Dans le cadre de ses prévisions, il élabore des scénarios. L'un d'entre eux démontre qu'"un petit supplément de croissance (par rapport aux prévisions) dans certaines économies avancées (principalement les Etats-Unis) peut ne pas suffire à effacer l'impact d'un risque de baisse plus important dans les principales économies émergentes".

"Les risques de baisse des pays émergents peuvent provoquer des réactions en chaîne importantes pour les économies avancées", estime le Fonds, qui estime qu'un ralentissement plus marqué de la croissance des pays émergents membres du G20 (qui regroupe notamment la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, la Russie, entre autres) conduirait à "une croissance mondiale inférieure en moyenne de 0,3 point de pourcentage chaque année par rapport au scénario le plus probable", sans tenir compte des éventuels effets d'une reprise plus forte aux Etats-Unis.

Aussi, le Fonds les exhorte à adopter des réformes qui limiteraient les risques. La nouvelle politique de la Fed "rend plus urgente pour les économies émergentes la nécessité de régler leurs déséquilibres macroéconomiques et de pallier les faiblesses de leurs politiques" économiques.

Et comme derrière ce terme de pays émergents se cachent des situations différentes, le Fonds cite certains défis.

En Chine, "la priorité est de réussir un atterrissage en douceur" de l'économie après plusieurs années de très forte croissance.

Au Brésil, en Russie, en Inde ou en Afrique du Sud, il faudra oeuvrer pour contenir l'inflation, entre autres. En Inde, "la consolidation budgétaire sera essentielle pour réduire les déséquilibres macroéconomiques" et le Fonds appelle aussi à des réformes structurelles pour soutenir l'investissement. Des réformes sont également demandées à l'Afrique du Sud pour enrayer "un taux de chômage intolérable".

La Russie et le Brésil devraient aussi modifier leurs rapports au marché des changes (des interventions plus sélectives pour le Brésil, plus de souplesse pour la Russie).

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