DIVERTISSEMENT

Chloé Lacasse: «Lunes» dans la forêt

08/04/2014 08:48 EDT | Actualisé 08/04/2014 09:01 EDT
Jean-François Cyr

Lunes pourrait-il être l’album qui confirmera pour de bon le talent de Chloé Lacasse, cette chanteuse montréalaise révélée aux Francouvertes en 2011? Possible. Mais pour la principale intéressée, l’important est avant tout de proposer une musique qui lui ressemble.

Au fil du temps, la jeune femme de trente ans a laissé sa marque: des participations convaincantes dans différents concours musicaux (dont le festival de la chanson de Granby en 2008), des parutions de maxi, un premier album vivant mettant à profit sa voix et son savoir-faire de pianiste, sans oublier la cinquantaine de spectacles offerts çà et là au Québec.

Pour une nouvelle fois, la pianiste a fait appel au flair d’Antoine Gratton (aussi au cymbalum, basse, harmonium, banjo, synthétiseurs) pour la coréalisation. Elle a également travaillé avec les musiciens Vincent Carré (batterie, percussions), Marc-André Landry (basse, guitare acoustique), André Lavergne (guitares), Renaud Gratton (trombone), Nathalie Duschesne (violon) et quelques autres.

Nature

Enregistré durant 8 jours dans le magnifique décor boisé du studio Wild à St-Zénon, dans Lanaudière, la chanteuse admet qu’elle s’est laissée séduire par les environnements verdoyants et calmes qui ont servi de nids à la création de Lunes. Que ce soit dans cette maison américaine située non loin des frontières avec la Montérégie ou encore au camp musical de Kamouraska, le décor ressemblait à la couverture du disque: sapins, ciels et nuages ouateux sur filtre chromatique apaisant.

«Les deux périodes allouées à la préproduction ont permis pas mal d’exploration, raconte la chanteuse. Et cette belle ambiance s’est transposée dans la période d’enregistrement. En studio, il n’y a pas une chanson qui est partie de la même manière. Parfois c’était les percussions à cinq, tantôt c’était batterie/basse/clavier. On y allait vraiment une chanson à la fois. Elles sont comme des bulles indépendantes sur l’album. La seule constance se trouve peut-être dans l’approche assez live.»

Très organique comme opus avec ses nombreux instruments acoustiques et la grande présence de la douce voix enveloppante, Lunes serait «aqueux» aux dires de Chloé Lacasse.

«Je me sentais inspirée. Nous étions dans une bulle qui me permettait de me consacrer totalement au disque. J’espère qu’il fera du bien, cet album. On a besoin d’un break, parfois. C’est nécessaire de se couper de temps en temps du bruit et de la frénésie du quotidien. Dans mon cas, je me suis baignée dans une sorte de pause. Pour donner une image à cette musique, je dirais que je vois des vagues.»

Pop alternative

«J’aime aussi les albums qui mordent, précise Chloé Lacasse. Mais je crois que Lunes est plus proche de mes influences profondes comme la pop alternative. Je pense à Ane Brun (chanteuse norvégienne). C’est doux, mais il y a toujours de l’énergie, des ambiances vivantes, une recherche étoffée au niveau des arrangements. C’est un peu à gauche.»

Plus en confiance et moins tributaire des premières pièces écrites au début de la vingtaine, Chloé Lacasse confie qu’elle a apprécié créer ce Lunes. D’autant plus qu’elle a aimé «le trip d’écrire des paroles pour un album précis» plus près de ses vrais goûts musicaux.

«Il faut dire que mon premier long jeu avait une proposition pas mal plus violente. Je veux dire que tout était beaucoup dans la distorsion. Le son était particulier dans son traitement. On se serait répété d’une drôle de façon si on avait pris la même approche. Lunes est certainement un disque beaucoup plus middle tempo. Je parle moins de moi. Je m’amuse plus. Je m’inspire davantage des gens qui m’entourent. Les idées émergent moins de préoccupations présentes, de mon vécu immédiat.»

Lumineux, aérien, nuancé, Lunes paraît ce mardi sous l’étiquette Véga Musique.

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