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Cellules Stap: la chercheuse Obokata va déposer un recours et donner une conférence de presse

08/04/2014 04:39 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

La jeune chercheuse Haruko Obakata, dont les travaux sur les cellules dites Stap sont contestés, a déposé mardi un recours contre les accusations émanant de son institut, et prévoit de donner mercredi une conférence de presse, malgré l'avis contraire de médecins.

L'appel contre les conclusions sévères d'irrégularités du comité d'enquête de l'institut Riken a été déposé au nom de la jeune femme mardi après-midi, d'après ce prestigieux institut public.

La conférence de presse, elle, doit avoir lieu mercredi en début d'après-midi à Osaka (ouest), même si, selon l'agence de presse Jiji, les médecins de Mmeme Obokata le lui déconseillent en raison d'un "état mental et physique instable".

La jeune femme, qui a été hospitalisée pour se reposer, veut cependant "s'expliquer précisément", selon son avocat cité par Jiji.

Le cas échéant, ce sera la première fois depuis que l'affaire a éclaté il y a plusieurs semaines que Mme Obokata se présentera devant les caméras. Autant dire que celle qui est accusée de tricherie dans la présentation de ses recherches est attendue de pied ferme par les journalistes qui réclamaient des explications de sa part depuis longtemps.

La polémique sur ses travaux a pris une ampleur d'autant plus forte au Japon que cette jeune femme de 30 ans est perçue comme une starlette de la recherche, un milieu davantage peuplé d'hommes d'âge mûr.

Directrice d'une unité de recherche du Riken, Haruko Obokata a publié en janvier dans la revue scientifique britannique Nature un article scientifique présentant une méthode de création de cellules pluripotentes à partir de cellules matures.

Le procédé, à première vue potentiellement révolutionnaire pour la médecine régénérative, consistait à stimuler des propriétés de défense de cellules soumises à un stress particulier (bain dans une solution légèrement acide, passage dans une centrifugeuse et séjour dans une solution de culture). Le but: les faire revenir à un stade antérieur indifférencié, quasi embryonnaire, sans passer par des manipulations génétiques.

Mais peu après, un des co-auteurs a contesté la publication, au motif qu'une partie des données publiées étaient selon lui fausses.

Le Riken a alors créé un comité d'enquête qui, la semaine dernière, a conclu à l'existence d'irrégularités dans la publication des résultats, graves au point de laisser supposer que les cellules Stap elles-mêmes n'ont jamais vu le jour.

"En mêlant des images issues d'expériences différentes et en utilisant des données antérieures, le docteur Obokata a agi d'une façon qui ne peut aucunement être permise", a asséné le comité après avoir détaillé tous les problèmes relevés dans ses résultats les recherches.

De surcroît, la thèse de doctorat de Mme Obokata serait aussi en partie un "copier-coller" de documents antérieurs, selon l'université de Waseda où elle l'a soutenue en 2011. Ce problème a conduit l'université en question à lancer une enquête sur toutes les thèses de doctorat réalisées par des étudiants de ce prestigieux établissement depuis 2007, soit un total de 280.

kap/jh

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