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Abouzar le petit survivant de l'attaque du Serena pourrait sortir bientôt de l'hôpital

08/04/2014 06:32 EDT | Actualisé 08/06/2014 05:12 EDT

Le petit Abouzar Ahmad, survivant de l'attaque d'un hôtel de Kaboul qui a tué tout le reste de sa famille, pourrait bientôt sortir de l'hôpital après avoir récupéré de multiples blessures par balles, ont indiqué mardi ses médecins.

La famille d'Abouzar, orphelin depuis l'assaut taliban du 20 mars qui a fait 9 morts dont son père, le journaliste de l'AFP Sardar Ahmad, sa mère et ses deux frère et soeur de cinq et six ans, souhaite qu'il parte ensuite vivre au Canada, où vivent plusieurs de ses oncles et cousins.

Gravement blessé lors de l'attaque, notamment à la tête, Abouzar, deux ans et onze mois, avait été immédiatement hospitalisé et opéré. Après plusieurs jours entre la vie et la mort, il fut déclaré hors de danger.

Aujourd'hui, il semble avoir récupéré toutes ses facultés et parle, joue et rit normalement avec les membres de sa famille présents à son chevet.

"Si les choses se poursuivent ainsi, il pourrait être en mesure de sortir de l'hôpital d'ici une semaine ou dix jours", a déclaré à l'AFP Luca Radaelli, coordinateur médical de l'hôpital Emergency de Kaboul, géré par l'ONG internationale du même nom, qui soigne Abouzar depuis le début.

"Il va bien, il a ses repères. Il est toujours sous traitement, nous prenons toujours soin de ses blessures", a-t-il ajouté.

Lors de l'attaque, Abouzar a été blessé à la poitrine, à la jambe et surtout à la tête, victime d'une fracture ouverte du crâne causée par un fragment de balle d'un centimètre, que les chirurgiens ont enlevé avant de reboucher le crâne perforé avec un bout d'os prélevé autour du bassin.

Ses blessures sont cicatrisées ou en voie de l'être, à la tête où ses points de suture ont été enlevés y a deux jours, comme à la jambe gauche, traversée à l'arrière par une balle ou un fragment.

"A ce stade, il n'a plus besoin de chirurgie. Abouzar aura peut-être besoin rééducation et de soutien psychologique, mais surtout d'un environnement stable pour se rétablir complètement", selon M. Radaelli.

"Il est plein d'énergie, il est rempli d'espoir et quand je regarde dans ses yeux, je vois un futur magnifique qui l'attend. Parce que c'est cela que sa famille veut pour lui. J'en suis sûr, il y arrivera", se réjouit son oncle, Bashir Mirzad, arrivé en catastrophe à Kaboul en provenance du Canada, où il vit, après l'attaque du Serena.

La famille d'Abouzar souhaite qu'il parte vivre au Canada, et plus précisément à Toronto, où vivent trois de ses oncles et plusieurs de ses cousins directs et éloignés, dont une dizaine de son âge.

"C'est ce que les docteurs recommandent pour Abouzar: un environnement stable et familial, pour qu'il puisse être capable de surmonter ces événements tragiques", a souligné M. Mirzad.

Le père d'Abouzar, Sardar Ahmad, 40 ans, était un journaliste afghan respecté et un pilier du bureau local de l'Agence France-Presse (AFP), où il travaillait depuis 2003.

Outre Sardar Ahmad et sa famille, un autre Afghan et quatre étrangers, dont deux Canadiennes, ont été tués dans cette attaque perpétrée dans le restaurant de l'hôtel.

Deux autres journalistes travaillant pour des médias internationaux, la photographe d'Associated Press Anja Niedringhaus et le journaliste suédois Nils Horner, ont été tués dans les attaques qui ont précédé l'élection présidentielle afghane de samedi dernier.

Celle-ci a été saluée comme un succès par les Occidentaux, avec un taux de participation apparemment supérieure à celle de 2009 et des violences rebelles multiples mais insuffisantes pour la faire dérailler.

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