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Ukraine: l'administration à Kharkiv "libérée des séparatistes" (ministre)

07/04/2014 02:43 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

Les manifestants pro-russes qui avaient pris le contrôle dimanche soir de l'administration régionale de Kharkiv, ville russophone de l'est de l'Ukraine, ont été délogés, a annoncé lundi matin le ministre de l'Intérieur ukrainien sans préciser si la force avait été employée.

Le bâtiment "a été totalement libéré des séparatistes", a écrit Arsen Avakov sur sa page Facebook. "Merci à ceux qui ont apporté leur aide", a-t-il ajouté, sans plus de détails sur l'opération.

Le ministre laisse toutefois entendre qu'il se trouve sur place, écrivant: "Je travaille à Kharkiv. Je demande aux habitants de soutenir le processus de règlement" de la crise.

Dimanche soir, plus de 2.000 manifestants portant des drapeaux russes s'étaient massés devant le bâtiment, qui abrite les bureaux du gouverneur nommé par le pouvoir central de Kiev, désormais pro-européen. Plusieurs dizaines y ont pénétré lorsque les forces de l'ordre se sont écartées devant leur avancée. Les protestataires avaient amené les drapeaux ukrainiens et hissé des drapeaux russes sur le bâtiment.

La tension était brusquement montée dimanche dans l'est russophone de l'Ukraine, et outre Kharkiv des manifestants avaient attaqué des bâtiments administratifs à Lougansk et Donetsk.

Dans cette dernière ville, les manifestants, qui réclament un référendum sur un rattachement à la Russie, contrôlaient toujours lundi matin le bâtiment de l'administration, selon une correspondante de l'AFP. Des informations faisaient état d'une opération des pro-russes dans la nuit contre les locaux des services de sécurité ukrainiens (SBU), sans qu'il soit possible de déterminer exactement dans l'immédiat son issue.

Selon certaines sources des manifestants auraient réussi à pénétrer dans les locaux du SBU, mais il n'était pas clair s'ils avaient pu s'y maintenir.

Les régions russophones de l'est ukrainien, frontalières de la Russie, enregistrent tous les dimanches depuis la chute du régime pro-russe de Kiev le 22 février des manifestations en faveur d'une "fédéralisation" de l'Ukraine - solution officiellement prônée par Moscou - ou du rattachement au grand voisin.

Le président russe Vladimir Poutine s'est engagé à défendre "par tous les moyens" les populations russophones des républiques de l'ex-URSS et a massé jusqu'à 40.000 soldats russes aux frontières de l'Ukraine, faisant redouter une invasion.

En raison des incidents de dimanche, le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a reporté une visite en Lituanie.

Accusant "Poutine et (le président ukrainien déchu Viktor) Ianoukovitch" d'être derrière les "désordres séparatistes", M. Avakov avait promis une "réponse ferme" mais "sans effusion de sang".

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