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Québec: l'indépendance, combat inachevé de Pauline Marois

07/04/2014 11:03 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Moins de deux ans après avoir redonné l'espoir aux Québécois d'obtenir un jour l'indépendance de la province francophone canadienne, Pauline Marois a reçu lundi une gifle aux élections législatives sonnant sans doute son dernier combat à la tête du Parti québécois.

La défaite est d'autant plus amère que Pauline Marois a perdu dans la bataille son siège de député.

Après une brillante élection à la fin de l'été 2012, faisant d'elle la première femme à devenir Première ministre du Québec, Pauline Marois a été victime de l'image d'une acharnée de l'indépendance du Québec dans laquelle son adversaire libéral, et vainqueur, Philippe Couillard, a réussi à l'enfermer.

Lundi, son parti québécois, qu'elle dirige depuis bientôt sept ans, a réalisé son pire score depuis son émergence aux élections de 1970, avec une trentaine de sièges, signe de l'ampleur de l'échec pour celle qui cherchait la majorité absolue des 63 sièges quand elle a appelé les Québécois à des législatives anticipées. Cet échec est d'autant plus retentissant que c'est la première fois depuis 40 ans qu'une gouvernement en place n'est pas reconduit pour un deuxième mandat de suite.

Pauline Marois, qui vient tout juste de fêter ses 65 ans, a derrière elle une carrière accomplie en politique. Avec un MBA en administration des affaires de l'Ecole des hautes études commerciales (HEC) de l'université de Montréal, elle gravite dès la fin de son cursus dans la sphère indépendantiste du gouvernement de René Levesque à la fin des années 70 avant d'obtenir son premier mandat de députée en 1981.

- Enfermée dans une campagne défensive -

Femme énergique aux cheveux blonds coupés court et aux yeux clairs, toujours vêtue d'une veste de tailleur, elle a la réputation d'avoir une bonne connaissance des grands dossiers, héritage de sa collection de portefeuilles ministériels, de la condition féminine aux Finances, en passant par les ministères de l'Education ou de la Santé.

Cette mère de quatre enfants, et maintenant grand-mère, est mariée depuis 46 ans à Claude Blanchet, un homme d'affaire rencontré au collège. Elle l'a défendu avec vigueur tout au long de la campagne face aux attaques de ses adversaires libéraux pour des présumées levées illégales de fonds au profit du Parti Québécois.

Mme Marois, pugnace, a rendu coup pour coup mais finalement s'est laissée enfermer dans une campagne défensive où ses ambitions souverainistes pour le Québec ou pour la laïcité de l'Etat n'ont remporté l'adhésion des électeurs.

Souverainiste convaincue, Pauline Marois aurait aimé emmener ses troupes vers un troisième référendum sur l'indépendance du Québec. Galvanisée par l'idée de tenir un référendum couronné de succès à la tête d'un gouvernement indépendantiste, elle savait aussi que les québécois ne la suivraient pas les yeux fermés.

"Il ne s'agit pas de tenir un référendum n'importe quand, demain matin, il s'agit d'en tenir un gagnant", déclarait-elle en 2005. Comme un mantra, elle campait sur cette position et a lancé au nez de son adversaire Philippe Couillard en plein débat télévisé: "Il n'y aura pas de référendum (...) tant que les Québécois ne seront pas prêts". C'est cette condition posée qui lui a valu les plus vives réserves de ses opposants mais aussi des plus radicaux de son parti.

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