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Orban promet aux Hongrois de poursuivre la transformation du pays

07/04/2014 10:08 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le conservateur populiste Viktor Orban, conforté dans les urnes après un premier mandat controversé, a promis lundi aux Hongrois de poursuivre sa transformation de l'ancien pays du bloc communiste.

"Les électeurs ont dit oui à notre nouveau système légal, y compris notre nouvelle constitution, à notre nouveau modèle économique aussi, basé sur le travail, et à un gouvernement mené par un parti populaire européen", a lancé le chef de gouvernement lors d'une conférence de presse.

La victoire de l'homme fort du pays acquise, il reste à savoir s'il conservera la majorité des deux tiers des députés dont il a usé sans retenue pour cimenter son pouvoir depuis 2010 et, selon ses détracteurs, affaiblir la démocratie dans ce pays membre de l'Union européenne depuis 2004.

Les résultats quasi-définitifs, basés sur le dépouillement de 98,97% bulletins de vote, créditent lundi son parti Fidesz de 44,54% des suffrages, en recul de huit points par rapport à 2010.

Il obtiendrait tout de même 133 sur 199 sièges au nouveau Parlement, soit exactement le seuil lui apportant une majorité des deux tiers. Le chiffre peut cependant encore évoluer, car les résultats sont très serrés dans quelques circonscriptions. La commission électorale doit annoncer les chiffres définitifs samedi.

Si le Fidesz raflait une nouvelle "super-majorité", ce serait avec "un nombre de suffrages de 2,1 millions, inférieur à ses performances de 2002 et de 2006, années où il avait perdu les élections", s'offusque le site d'informations indépendant Index.hu lundi.

"Cela montre bien à quel point le système électoral a favorisé le Fidesz", estime-t-il. Le parti avait unilatéralement décidé une réforme dont le point central était le redécoupage à son avantage des circonscriptions dans tout le pays.

L'omniprésence du parti dans la campagne et son contrôle des médias, fruits des réformes introduites tambour battant depuis 2010, ont été critiquées lundi par les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Ces "avantages indus" pour M. Orban (dixit l'OSCE) ont porté préjudice à une alliance de la gauche déjà fragilisée par des dissensions internes, mal organisée et incapable de se présenter comme une alternative viable, estime Zoltan Miklosi, professeur en science politique au Centre européen de l'université de Budapest.

Le Fidesz devance largement l'alliance de la gauche (près de 26%), qui a reconnu dimanche soir sa "cuisante défaite" même si elle fait mieux que les seuls socialistes en 2010 et si, selon elle, les dés étaient pipés au départ.

Le parti d'extrême droite Jobbik, antiRoms et antisémite, a nettement progressé à 20,54% (contre près de 17%), recueillant les fruits de son image plus policée.

- Et la suite? -

Depuis 2010, le parti Fidesz a muselé toutes les institutions et les contre-pouvoirs du pays, comme les médias et la justice, mais aussi l'économie et la culture. Le tout légalement, grâce à sa super-majorité au parlement.

Une prise de contrôle tentaculaire que ni les manifestations populaires de 2011 et 2012, ni les sévères rappels à l'ordre de Bruxelles ou les critiques en provenance des Etats-Unis n'ont réussi à brider.

La Commission européenne a commenté a minima la réélection de M. Orban, disant "compter sur son engagement pour maintenir l'élan" en faveur de l'UE.

Le Fidesz avait fait campagne sans programme électoral, misant largement sur la baisse des prix de plus de 20% de l'énergie domestique depuis 2013.

Viktor Orban s'est aussi attribué la relance de l'économie (liée surtout à des récoltes exceptionnelles dans l'agriculture), la baisse du taux de chômage, obtenue en partie avec des "emplois" d'intérêt général au rabais, et le passage du déficit public sous les 3% du Produit intérieur brut, un résultat de la nationalisation forcée des fonds de retraite privés.

Lundi, le premier ministre a souligné que son programme était "composé d'un seul mot: continuation". Il a même ironisé: "En exagérant un peu, vous n'allez même pas vous rendre compte que nous avons un nouveau gouvernement".

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