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L'Irak exécute deux condamnés, en dépit des appels à un moratoire

07/04/2014 12:06 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Deux condamnés à mort, reconnus coupables de "crimes terroristes", ont été pendus lundi en Irak où les dysfonctionnements du système judiciaire et le recours à la peine capitale ont été critiqués à maintes reprises par la communauté internationale.

Ces exécutions portent à 46 le nombre de condamnations à mort mises en oeuvre depuis le début de l'année, selon un bilan de l'AFP compilé à partir de déclarations de responsables et de communiqués du ministère de la Justice.

Dans un texte accompagné d'une photo d'une corde de pendu, le ministère a indiqué lundi avoir procédé à "la pendaison de deux terroristes reconnus coupables de crimes terroristes".

Le premier condamné a été reconnu coupable d'avoir rejoint un groupe lié à Al-Qaïda et tué deux frères. Le second a été condamné pour avoir kidnappé puis tué trois hommes, selon le communiqué.

Malgré les appels de la communauté internationale à un moratoire, le nombre d'exécutions, en général par pendaison, a augmenté en 2013, atteignant au moins 169, un record depuis l'invasion de l'Irak par une coalition menée par les Etats-Unis en 2003.

Ce chiffre place l'Irak au 3e rang mondial des pays ayant exécuté le plus de condamnés en 2013, derrière la Chine et l'Iran.

Ces exécutions continuent de susciter les critiques de diplomates et organisations de défense des droits de l'Homme, qui pointent du doigt les dysfonctionnements du système judiciaire, certains soulignant notamment que les personnes exécutées ne sont pas nécessairement coupables des faits pour lesquels elles ont été condamnées.

Récemment encore, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté lors d'une visite à Bagdad le gouvernement irakien à instaurer un moratoire sur la peine de mort, une demande que le Premier ministre Nouri al-Maliki avait aussitôt rejetée, affirmant que les autorités irakiennes "ne pensaient pas que les droits d'une personne qui tue des gens doivent être respectés".

La hausse des exécutions depuis début 2013 intervient dans un contexte de violences accrues, alimentées par le mécontentement de la minorité sunnite et le conflit en Syrie. Plus de 2.400 personnes ont péri dans des attaques en 2014, selon un décompte de l'AFP.

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