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Le Sri Lanka refuse de collaborer avec l'ONU à enquêter sur les crimes de guerre

07/04/2014 02:22 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le Sri Lanka refuse de collaborer à l'enquête de l'ONU sur les crimes qu'auraient commis l'armée sri-lankaise et la guérilla tamoule lors du conflit entre 2002 et 2009, a annoncé lundi à Colombo le ministre des affaires étrangères.

"Nous ne nous soumettrons pas à ce processus", a déclaré le ministre, Gamini Lakshman Peiris, à l'Association des correspondants étrangers au Sri Lanka.

"Nous avons pris une décision politique claire, celle de ne pas nous soumettre à la juridiction de la Commissaire (de l'ONU aux droits de l'Homme)", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, ajoutant que Colombo n'autorisera pas la Haut-commissaire Navi Pillay à lancer son enquête.

"Personne ne pourra venir ici sans la coopération du gouvernement", a-t-il répondu aux journalistes.

Cette prise de position est la plus ferme à l'encontre du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme depuis le vote le 27 mars par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU d'une résolution, soutenue par les Etats-Unis et l'Union européenne, demandant "d'entreprendre une enquête exhaustive sur les allégations d'abus et de violations des droits de l'Homme" commis par les deux parties durant la période.

M. Peiris a toutefois assuré que le Sri Lanka ne remettait pas en cause la collaboration de son pays aux autres programmes développés par l'ONU sur place, en ce qui concerne l'éducation, la santé publique ou les personnes déplacées en raison de la guerre.

"Cette résolution ne fait que nuire à nos efforts de réconciliation", avait affirmé à l'AFP après l'adoption de la résolution le président sri-lankais, Mahinda Rajapakse.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait pour sa part appelé Colombo à s'engager "constructivement" et à coopérer avec le Haut-Commissariat pour permettre le déroulement de l'enquête internationale sur les crimes qui auraient été commis par l'armée sri-lankaise et par la guérilla tamoule.

L'ONU a alloué un budget d'environ un million d'euros pour cette enquête au Haut-Commissariat, qui devrait présenter un rapport complet en mars 2015.

Le conflit a duré de 1972 à 2009 et a fait, selon des estimations de l'ONU, quelque 100.000 morts au total.

En 2011, des experts de l'ONU ont accusé Colombo d'avoir causé des "dizaines de milliers de morts" lors de l'offensive finale de l'armée contre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), eux aussi accusés de violations des droits de l'Homme.

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