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France: coup de tonnerre dans un procès pour une disparition survenue il y a 36 ans

07/04/2014 12:59 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Trente-six ans après la disparition d'une riche héritière, le procès en France d'un ex-avocat soupçonné d'avoir tué la jeune femme, dont le corps n'a jamais été retrouvé, a rebondi spectaculairement lundi avec la tardive confession à charge d'un des fils de l'accusé.

Jugé pour la troisième fois dans l'une des affaires les plus mystérieuses des quarante dernières années en France, Maurice Agnelet, 76 ans, a toujours clamé son innocence dans la disparition à Nice (sud-est) le 30 octobre 1977 d'Agnès Le Roux, sa maîtresse alors âgée de 29 ans.

La cour d'assises de Rennes (ouest) a aussitôt ordonné l'arrestation de l'ancien avocat, qui comparaissait libre, en raison de "risques de fuite ou de pressions".

Son fils Guillaume Agnelet, 45 ans, a témoigné par visioconférence dans la salle d'assises, après avoir fait une déposition la veille devant des magistrats de Chambéry, à l'autre bout de la France.

Selon lui, sa mère Anne Litas lui a confié un jour que Maurice Agnelet avait tué Agnès Le Roux pendant son sommeil alors qu'ils étaient partis faire du camping près de Monte Cassino, en Italie.

Anne Litas, déjà entendue par la cour, n'a jamais fait mention de ces faits auparavant.

Guillaume a aussi raconté que lorsqu'il avait 16 ans, dans les années 1980, Maurice Agnelet lui aurait aussi dit qu'il savait où se trouvait le corps d'Agnès.

Enfin, dans un troisième temps, Maurice Agnelet se serait confié à son fils, disant "il ne faudrait pas qu'ils retrouvent le corps".

Guillaume Agnelet, qui sera entendu de nouveau physiquement à Rennes mercredi par la cour d'assises, a expliqué avoir gardé le silence aussi longtemps "pour le bien de la famille".

- 'Coup de théâtre' -

- "Je suis innocent", a clamé une nouvelle fois l'accusé.

Un autre fils de Maurice Agnelet, qui avait été cité par la défense, n'avait auparavant pas mis en cause son père dans sa déposition. "La défense ne m'a pas cité car elle savait quelle serait ma position", a déclaré Guillaume.

Les deux frères ont été confrontés à l'audience lundi et Thomas a affirmé: "Je ne sais rien sur les faits", allant jusqu'à qualifier son frère de "schizophrène".

Leur mère n'a pu être jointe lundi par la cour qui souhaite à nouveau l'entendre.

Interrogé par la presse à l'issue de l'audience, l'avocat de Maurice Agnelet, Me François Saint-Pierre, a déclaré : "Je ne pense pas que la démonstration soit faite de sa culpabilité". "J'entends le cri d'innocence de Maurice Agnelet, je le défends encore, je le soutiens encore, jusqu'à preuve du contraire", a-t-il ajouté.

Un autre coup de théâtre est survenu en fin de journée quand un témoin clé, une autre ancienne épouse de Maurice Agnelet, a demandé à témoigner par visioconférence depuis le Mexique où elle réside.

Cette femme, Françoise Lausseure, avait dans un premier temps fourni un alibi à l'accusé en disant avoir été avec lui au moment de la disparition d'Agnès Le Roux. Elle était revenue sur ce témoignage en 1999, ce qui avait relancé l'affaire.

Agnès Le Roux, héritière d'un casino niçois, le Palais de la Méditerranée, avait mystérieusement disparu lors du week-end de la Toussaint, en 1977, quelques mois après avoir vendu ses parts au patron du casino concurrent pour 3 millions de francs.

La somme, d'abord versée sur un compte commun aux deux amants, à Genève, s'est retrouvée après la disparition d'Agnès sur un compte au seul nom de Maurice Agnelet.

D'abord bénéficiaire d'un non-lieu en 1985, puis acquitté en 2006, Maurice Agnelet a été condamné en appel à 20 ans de prison en 2007, avant que la Cour européenne des droits de l'Homme n'estime début 2013 que ce procès n'était pas équitable.

Le verdict devrait être prononcé vendredi.

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