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Egypte: peines de prison confirmées pour 3 figures de la révolte de 2011

07/04/2014 05:14 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Un tribunal égyptien a confirmé lundi les peines de trois ans de prison ferme infligées à trois figures de la révolte de 2011 contre Hosni Moubarak pour avoir enfreint une récente loi controversée limitant le droit de manifester.

Les trois militants avaient été arrêtés pour avoir manifesté sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de la police, comme l'exige la loi promulguée par les autorités intérimaires installées par l'armée qui a destitué en juillet le président islamiste Mohamed Morsi.

Ahmed Maher, fondateur du mouvement du 6-Avril, fer de lance de la révolte de 2011, Mohamed Adel et Ahmed Douma avaient été condamnés le 22 décembre en première instance pour avoir organisé une manifestation non-autorisée et violente quelques jours après l'entrée en application de la loi en novembre.

Ahmed Seif, avocat des trois militants, a annoncé qu'ils allaient se pourvoir en cassation, et qu'en cas d'échec, il saisirait la Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples.

"Rien n'indique que l'Etat est disposé à desserrer son étau", a-t-il déclaré à l'AFP après l'annonce de la décision, alors que l'homme fort du pays, Abdel Fattah al-Sissi, grand favori de l'élection présidentielle des 26 et 27 mai, a promis qu'il n'y aurait pas de "retour" à l'ère Moubarak.

La condamnation en première instance de ces trois militants, qui avaient l'été dernier soutenu la destitution de M. Morsi, avait pourtant suscité l'inquiétude de voir l'Egypte renouer avec l'autoritarisme.

Car au-delà de la campagne sanglante contre les manifestants pro-Morsi --au moins 1.400 morts selon Amnesty International et plus de 15.000 arrestations-- les nouvelles autorités visent désormais également les militants des mouvements progressistes de la jeunesse.

Ainsi, un autre militant de gauche en vue, Alaa Abdel Fattah, est lui aussi poursuivi, après des mois de détention préventive, pour avoir manifesté sans autorisation.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a qualifié cette confirmation en appel de "coup de grâce pour la révolution égyptienne", tandis qu'Amnesty y voyait "un nouveau tour de vis contre la liberté d'expression et d'assemblée et un nouveau signe du climat d'intolérance grandissante contre toute critique légitime des autorités".

Une autre décision de la justice égyptienne a récemment déclenché un tollé international et valu une volée de critiques aux autorités intérimaires: la condamnation à mort de 529 partisans de M. Morsi.

Après l'éviction du premier président élu démocratiquement du pays puis la répression sanglante de ses partisans, ces derniers sont désormais jugés dans des procès de masse rassemblant des centaines d'accusés --la plupart par contumace-- et nombre d'entre eux encourent désormais la peine de mort, à l'image de M. Morsi lui-même et de la quasi-totalité des dirigeants de sa confrérie des Frères musulmans.

Le mouvement islamiste vieux de 85 ans a été déclaré "terroriste" par les nouvelles autorités qui lui font porter la responsabilité des attaques désormais quotidiennes contre les forces de l'ordre ayant fait selon le gouvernement près de 500 morts en neuf mois. Les autorités ont récemment annoncé avoir renforcé l'arsenal juridique anti-terrorisme.

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