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Commémoration du génocide rwandais: Kagame s'en prend à la France

07/04/2014 08:16 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le président rwandais Paul Kagame s'en est pris lundi, lors des commémorations du génocide de 1994 dans son pays, de façon à peine voilée à la France sur son rôle toujours controversé durant les massacres.

"Les gens ne peut être soudoyés ou forcés de changer leur histoire. Aucun pays n'est assez puissant - même s'il pense l'être - pour changer les faits", a déclaré en anglais le président rwandais avant de lancer, en français, "après tout les faits sont têtus", déclenchant les acclamations des 30.000 spectateurs rassemblés au Stade Amaharo de Kigali.

Immédiatement avant, il avait estimé qu'il n'existait "aucune justification à établir des parallèles soi-disant moraux, le temps écoulé ne doit pas occulter les faits, amoindrir les responsabilités ou transformer les victimes en méchants", faisant apparemment référence aux sévères critiques dirigées récemment contre Kigali par jusqu'à ses plus proches alliés, Etats-Unis en tête.

Paris avait initialement annulé sa participation aux cérémonies, après que M. Kagame eut à nouveau accusé ce weekend la France, alliée en 1994 du régime Habyarimana et dont le rôle dans les massacres qui ont fait 800.000 morts en une centaine de jours reste controversé, d'avoir pris une part active au génocide.

Dimanche soir, Paris avait finalement indiqué qu'il serait représentée aux commémorations par son ambassadeur à Kigali, Michel Flesch, mais celui-ci a annoncé que les autorités rwandaises lui avaient retiré dimanche l'accréditation lui permettant d'assister aux cérémonies officielles. Elles lui avaient aussi indiqué qu'il ne pourrait se rendre au mémorial de Gisozi, dans la capitale rwandaise, pour y déposer une gerbe.

Cet anniversaire représente un important enjeu diplomatique pour Kigali, qui a longtemps bénéficié sur le plan diplomatique du sentiment de culpabilité de la communauté internationale, restée inerte face aux massacres.

Mais les autorités rwandaises ont récemment été accusées - par l'ONU et Washington - de déstabiliser l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et d'être impliquées dans les meurtres ou tentatives de meurtre de dissidents rwandais réfugiés en Afrique du Sud.

"Ceux qui pensent que le Rwanda ou l'Afrique ont encore besoin de leur approbation pour être gouvernés comme il se doit par leur peuples, par les dirigeants que leur peuples ont choisis, vivent toujours dans un passé révolu", a-t-il lancé, répondant apparemment aux critiques sur l'autoritarisme supposé de son gouvernement.

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