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Cellules Stap: nouvelles recherches pour confirmer ou non leur existence

07/04/2014 06:41 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

Le laboratoire public japonais Riken a annoncé lundi le lancement de nouvelles recherches destinées à confirmer ou non l'existence de cellules dites Stap qui sont au coeur d'une polémique scientifique au Japon.

Il va s'agir pendant un an de reproduire dans la mesure du possible les expériences conduites par la chercheuse Haruko Obokata ainsi que d'autres afin de vérifier les résultats que cette jeune femme dit avoir obtenus mais sur lesquels pèsent des soupçons.

Directrice d'une unité de recherche du Riken, Haruko Obokata a publié en janvier en deux volets dans la revue scientifique britannique Nature une thèse présentant une méthode de création de cellules pluripotentes à partir de cellules matures.

Le procédé, à première vue potentiellement révolutionnaire pour la médecine régénérative, consistait à stimuler des propriétés de défense de cellules soumises à un stress particulier (bain dans une solution légèrement acide, passage dans une centrifugeuse et séjour dans une solution de culture). Le but: les faire revenir à un stade antérieur, quasi embryonnaire, sans passer par des manipulations génétiques.

Mais peu après, un des co-auteurs a contesté la publication, au motif qu'une partie des données publiées étaient selon lui fausses.

Le Riken a alors créé un comité d'enquête qui, la semaine dernière, a conclu à l'existence d'irrégularités dans la publication des résultats, graves au point de laisser supposer que les cellules Stap elles-mêmes n'ont jamais vu le jour.

"En mêlant des images issues d'expériences différentes et en utilisant des données antérieures, le professeur Obokata a agi d'une façon qui ne peut aucunement être permise", a asséné le comité après avoir détaillé tous les problèmes relevés dans les résultats des recherches conduites par cette trentenaire, un profil inhabituel dans un milieu scientifique peuplé d'hommes d'âge mûr.

Et d'ajouter: "compte tenu de la pauvreté des notes du laboratoire de Mme Obokata, il est absolument évident qu'il va être extrêmement difficile pour quiconque d'autre de suivre et comprendre ses expériences et cela constitue un sérieux obstacle à un échange sain d'informations", a poursuivi le comité.

Si les irrégularités relevées par le comité d'enquête sont confirmées à la suite d'éventuelles procédures d'appel, la publication pourrait en tout ou partie être retirée, a prévenu le président du Riken, le prix Nobel Ryoji Noyori.

Mme Obokata, encensée par les médias lorsqu'elle a présenté ses travaux, n'apparaît désormais plus nulle part, mais a rejeté les accusations et dit vouloir déposer un recours.

Si, comme elle l'affirme, les cellules Stap n'étaient pas une vue de l'esprit, elles pourraient être un extraordinaire progrès pour la médecine régénérative en permettant la création de cellules indifférenciées afin de recréer ensuite des parties d'organes abîmés.

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