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Thaïlande: des dizaines de milliers de Chemises rouges mobilisées contre les "élites"

06/04/2014 09:52 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

Des dizaines de milliers de partisans du gouvernement thaïlandais, sur la sellette après six mois de manifestations et des procédures judiciaires tous azimuts, se sont rassemblés dimanche à Bangkok, pour faire front face aux "élites" qui cherchent à faire tomber la Première ministre.

"Nous sommes ici pour régler l'addition avec les élites", a déclaré devant la foule Jatuporn Prompan, président du mouvement des Chemises rouges, instigateur de ce grand rassemblement, qui mobilise néanmoins moins que les 200.000 partisans annoncés.

"Il vaut mieux mourir que vivre en esclaves", a-t-il ajouté devant ses partisans, venus la plupart du nord et du nord-est du pays, fief du mouvement, pour cette manifestation de trois jours prévue jusqu'à lundi dans une banlieue éloignée de Bangkok.

L'opposition réunit notamment l'élite traditionnelle qui ne supporte plus la domination de la scène politique par le "clan Shinawatra". Ils prônent le remplacement de la Première ministre Yingluck Shinawatra par un Conseil du peuple, non élu. Et ils ont perturbé les législatives du 2 février, invalidées par la justice pour cette raison.

Si la manifestation des Chemises rouges se veut pour l'heure pacifique, la situation pourrait dégénérer en cas de destitution de la Première ministre, accusée par l'opposition d'être la marionnette de son frère, Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre en exil renversé par un coup d'Etat en 2006.

Alors que les partis pro-Thaksin ont gagné toutes les législatives depuis plus de dix ans, l'opposition accuse la famille Shinawatra de corruption et d'utiliser l'argent public pour s'assurer le soutien des campagnes du nord et du nord-est, coeur de son électorat.

Les Chemises rouges accusent de leur côté l'opposition de préparer un "coup d'Etat judiciaire", un procédé qu'elle a déjà utilisé pour arriver au pouvoir en 2008.

Lors de la précédente crise, en 2010, quand les Chemises rouges étaient dans la rue pour contester l'opposition alors au pouvoir (grâce à une procédure judiciaire), l'intervention de l'armée avait fait plus de 90 morts.

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