POLITIQUE

François Legault demeure positif, et se dit fier de sa prestation

06/04/2014 09:22 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

CHAMBLY, Qc - Rien n'était moins certain que l'«anticampagne» de François Legault porterait ses fruits. La caravane de la Coalition avenir Québec aurait pu dérailler à force de sillonner les routes du Québec sans proposer des «cadeaux électoraux», a signalé le chef caquiste.

«C'est vrai qu'il y a eu des moments difficiles au début. Ça a failli être une élection référendaire», a suggéré M. Legault en conférence de presse dans le Vieux-Montréal dimanche matin, en cette dernière journée de la campagne.

La fracassante entrée en scène de Pierre Karl Péladeau aurait pu sceller le sort de la CAQ, puisque le désormais célèbre poing levé du candidat-vedette du Parti québécois a fourni des munitions au chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard.

«C'était un cadeau du ciel pour Philippe Couillard. Il est tombé là-dessus comme la misère sur le pauvre monde (...) et je ne pense pas qu'il y avait rien à faire contre cette campagne de peur», a-t-il analysé.

François Legault estime qu'en persistant et en insistant, il a su renverser la vapeur au cours des derniers jours. Selon lui, les Québécois ont enfin pu entendre parler des «vrais enjeux», puisque le spectre référendaire n'était plus à l'avant-scène.

Est-ce trop peu, trop tard? «Moi, je pense qu'on va être correct pour gagner demain», a-t-il tranché.

Le chef caquiste, dont le parti n'a cessé de progresser dans les sondages — surtout depuis sa performance au second débat des chefs — s'est dit fier d'avoir pris «le beau risque» de dire la vérité à la population tout au long de la campagne électorale.

Il juge que cette stratégie lui sera profitable et a confiance que les Québécois auront le «courage» de se sortir du traditionnel paradigme souverainiste-fédéraliste.

À son avis, l'angoisse référendaire n'est plus un facteur prépondérant dans le processus de prise de décision des électeurs.

Et il ne suffit plus de faire «des campagnes de peur» en se positionnant contre la tenue d'un référendum comme l'a fait Philippe Couillard afin d'obtenir la faveur de l'électorat, a plaidé le chef caquiste.

«Il faut aussi proposer un plan économique, a-t-il lancé. Pendant neuf ans, au Québec, on a eu un gouvernement libéral qui était contre le référendum. Ça a augmenté la dette de 50 pour cent, ça a augmenté l'écart de richesse, ils ont inventé des nouvelles taxes comme la taxe santé.»

Il a plus tard raillé, en anglais, que le seul emploi créé par son rival libéral était celui du docteur Arthur Porter, lequel aura véritablement été l'un des talons d'Achille de M. Couillard depuis le tout début de la campagne électorale.

Le chef de la CAQ était visiblement d'humeur narquoise au moment de dresser le bilan de son «anticampagne».

À quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote, il a multiplié les répliques humoristiques et servi quelques jabs bien sentis à ses adversaires péquiste et libéral.

Mais ce n'était rien comparativement au traitement qui attendait «Joe Dette», cette mascotte qui traîne le «boulet» de la dette et qui s'est invitée dans la campagne à quelques reprises afin de sensibiliser la population à ce problème qui plombe les finances publiques du Québec.

La pauvre mascotte ne s'attendait pas à se faire ainsi apostropher.

En sortant de son autocar, François Legault s'est dirigé vers «Joe Dette» et lui a demandé: «Demain, il y a un vote important. Vous avez étudié les quatre plateformes. Vous donnez votre vote à qui?».

«Joe Dette est neutre», a répliqué l'un des porte-parole de la mascotte, ce qui a fait bondir le leader de la CAQ.

«Ah, ben là, Joe Dette, ça vaut rien. Bouuuuh! Bouuuuh! Joe Dette fait de la petite politique! Mauvais! On veut rien savoir de Joe Dette», a lancé François Legault d'un ton moqueur, qui a laissé la mascotte — et ses porte-parole — pantois.

L'entourage du chef a assuré que cette fronde n'avait pas été scénarisée entre deux arrêts dans l'autocar.

«On a un chef spontané», s'est-on réjoui.

Campagne en région

Si la caravane libérale a pris la voie des airs pour entreprendre en cette dernière journée un blitz de circonscriptions plus éloignées, avec des arrêts à Bonaventure, Sept-Îles et Val-d'Or, celle de François Legault est demeurée sur les routes du «450».

Les circonscriptions des couronnes nord et sud de Montréal et de Québec avaient été payantes pour la CAQ lors du dernier scrutin, et les autocars caquistes ont mis le cap sur bon nombre d'entre elles au cours de la campagne.

«C'est plate un peu (...) mais c'est l'une des premières choses qu'on m'a expliquées en politique: ceux qui sont pour, on ne s'en occupe pas, ceux qui sont contre, on ne s'en occupe pas, et on travaille sur les indécis», a-t-il lancé lorsqu'on lui a fait remarquer qu'il avait négligé de faire un saut dans certaines régions de la province.

François Legault doit exercer son droit de vote en matinée, lundi, dans la circonscription de L'Assomption.

Il prendra ensuite part à un dîner public avant de se retirer pendant quelques heures pour passer un peu de temps avec sa famille.

Le chef caquiste suivra le déroulement de la soirée électorale dans une salle privée du centre de formation professionnelle des Riverains de Repentigny, où ses militants ont également rendez-vous.