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Pakistan : un couple condamné à mort pour des textos blasphématoires

05/04/2014 05:18 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

Un tribunal pakistanais a condamné un couple de chrétiens à la peine capitale pour avoir envoyé à un imam des textos portant atteinte au prophète Mahomet, a annoncé samedi leur avocat.

Shafqat Emmanuel, un gardien d'école, et son épouse Shagufta Kausar, une employée de maison, ont été condamnés lors d'une audience vendredi dans leur cellule à Toba Tek Singh, hameau de la province du Pendjab (est), selon leur avocat, Nadeem Hassan, qui va interjeter appel de cette décision.

Le couple établi à Gojra, théâtre à l'été 2009 d'une attaque meurtrière d'un quartier chrétien par des musulmans en colère qui y avaient incendié 77 maisons, a été reconnu coupable d'avoir envoyé au mollah Mohammad Hussain des textos blasphématoires, insultant Mahomet.

Selon la justice, le mari avait envoyé ce message controversé à partir du téléphone de sa femme, une thèse rejetée par le couple qui prétend avoir perdu le portable en question au moment de l'envoi de ce texto par une tierce personne.

La loi pakistanaise sur le blasphème, accusée par les libéraux d'être instrumentalisée pour régler des conflits personnels mais défendue bec et ongles par les islamistes, prévoit la peine de mort pour les personnes dénigrant Mahomet et la prison à vie pour quiconque brûle le Coran.

Fin mars, la justice pakistanaise avait condamné à mort un autre chrétien, Sawan Masih, pour avoir insulté l'an dernier le prophète Mahomet lors d'une discussion avec un ami, un incident à l'origine de l'assaut d'un ghetto chrétien de Lahore, deuxième ville du pays, par des musulmans.

Selon un rapport récent de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, le Pakistan est de loin le pays qui emprisonne le plus de citoyens soupçonnés de porter atteinte à la religion, principalement l'islam.

Si les tribunaux imposent la peine de mort, les autorités n'exécutent pas la sentence, le gouvernement ayant reconduit à l'automne un moratoire sur la peine capitale, ce qui était d'ailleurs une condition de l'Union européenne pour réduire les barrières douanières aux importations pakistanaises.

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