NOUVELLES

Fusillade de Fort Hood : l'état de santé du tireur pas en cause, selon un commandant 

05/04/2014 02:44 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Le soldat de Fort Hood qui a tué trois autres militaires et blessé 16 personnes avant de se suicider venait de se disputer avec des collègues de son unité lorsqu'il a ouvert le feu, mais les enquêteurs ne croient pas que son état psychologique soit un facteur, ont estimé les autorités vendredi.

Jeudi, des responsables avaient déclaré que la santé mentale du soldat semblait être un facteur sous-jacent dans l'attaque.

Vendredi, le lieutenant-général Mark Milley, le commandant de la base militaire de Fort Hood au Texas, a affirmé que l'attaque a plutôt été suscitée par une dispute qui a dégénéré.

Également vendredi, le père du soldat Ivan Lopez a confié que son fils venait de traverser de dures épreuves, avec la mort de sa mère et de sa grand-mère et le stress d'un transfert sur une nouvelle base.

Depuis Porto Rico d'où venait l'assaillant, M. Lopez a ajouté que son fils s'était soumis à un traitement médical, mais qu'il était un homme de famille pacifique et un travailleur acharné.

Pour ce père, ce drame s'est avéré très souffrant.

« Mon fils ne devait pas être dans son état normal. Il n'était pas comme ça », a-t-il affirmé.

Ivan Lopez, un conducteur de camion de l'armée, a été brièvement déployé en Irak en 2011 et a affirmé au personnel médical qu'il avait subi un traumatisme crânien. Il était traité pour dépression et anxiété tout en étant évalué pour un syndrome de stress post-traumatique.

Selon les autorités, il n'a pas été témoin de combats en Irak et n'avait jamais eu de comportements violents auparavant.

Un membre de sa famille a affirmé jeudi qu'il avait été déçu de n'obtenir qu'une permission d'une journée pour assister aux funérailles de sa mère en novembre. Cette permission a ensuite été prolongée à deux jours.

Difficile d'améliorer la sécurité

Il s'agit de la seconde attaque à Fort Hood depuis 2009. Treize personnes avaient alors été tuées par le psychiatre Nidal Hasan. Au cours des cinq dernières années, trois fusillades ont eu lieu dans des bases militaires.

Selon les experts de la sécurité, toutefois, la triste vérité est qu'il n'existe probablement pas de moyen concret pour empêcher que des membres de l'armée ou des employés transportent des armes dans ces lieux.

La sécurité a été pointée du doigt avec la fusillade de Fort Hood de 2009. Les mesures de sécurité ont à nouveau été réévaluées en septembre dernier après qu'Aaron Alexis, un contractant civil souffrant de problèmes mentaux, ait tué 12 personnes à la base navale de Washington.

Dans ces deux cas, les attaquants avaient la permission d'entrer dans les installations militaires et ils y ont transporté des armes à feu.

« Tenter de rendre une base sécuritaire contre les armes à feu est, au mieux, très, très difficile, probablement impossible », a affirmé Robert Taylor, directeur du programme d'affaires publiques de l'université de Texas-Dallas et un ancien consultant en matière de sécurité pour le département de la justice et les forces policières.

Le type de fouille qui aurait pu prévenir qu'Ivan Lopez n'entre sur la base avec un fusil dans sa voiture paralyserait l'accès à la base -- de la taille d'une ville de moyenne envergure -- et créerait d'énormes bouchons de circulation.

Les problèmes de sécurité découlent du fait que les bases sont à la fois militaires et carrément gigantesques. Fort Hood, la plus grosse base militaire américaine, couvre 880 kilomètres carrés. Plus de 40 000 soldats y vivent et plus de 80 000 employés civils et militaires y entrent chaque jour pour travailler dans les bureaux, les installations d'équipement, les sites d'entraînement et les entreprises.

Après l'attaque de 2009, le nombre de postes de contrôle et des gardes armés a été augmenté, mais les responsables n'exigent pas la fouille systématique de chaque personne ou véhicule qui entre sur le site.

PLUS:rc