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Côte d'Ivoire: dégel des comptes des pro-Gbagbo, un "faux grossier" (opposition)

05/04/2014 07:51 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

La liste de 43 personnalités pro-Gbagbo bénéficiant du dégel de leurs comptes bancaires présentée cette semaine par la justice ivoirienne, est un "faux grossier", a accusé samedi le Front populaire ivoirien (FPI - pro-Gbagbo), faisant remarquer la présence de personnes décédées.

"Il s'agit d'une vieille liste", a affirmé à l'AFP le conseiller en communication du président du FPI, Franck Anderson Kouassi, dont le nom figure sur cette liste.

"A part sept nouvelles personnes concernées par cette décision, (toutes les autres ont vu leurs comptes) dégelés depuis 2012", a expliqué M. Kouassi, évoquant un "faux grossier".

Le FPI a déploré la présence sur cette liste de personnes décédées, notamment Jean-Baptiste Diagou Gomon, ancien maire FPI de Cocody, commune chic d'Abidjan.

Le parti de Gbagbo dénonce également la présence de personnes passées maintenant dans le camp du président Alassane Ouattara sur cette liste: "Feh Kesse Lambert, Siki Blon Blaise, etc... qui sont maintenant des militants du RDR (rassemblement des Républicains, parti de M. Ouattara) et Félix Tioulou Dyela lui aussi devenu pro-Ouattara", a souligné M. Kouassi.

"Je rappelle que le nombre de personnes dont les comptes ont été gelés avoisine 300 à ce jour", a-t-il ajouté.

La justice ivoirienne a annoncé jeudi avoir procédé au dégel des comptes bancaires de 43 personnalités pro-Gbagbo impliquées dans la crise postélectorale de 2010-2011, alors que le gouvernement multiplie les initiatives pour faciliter la réconciliation nationale.

Cette annonce est intervenue alors que les rapports entre majorité et opposition ont fortement empiré, après une accalmie fin 2013.

Les deux parties s'accusent mutuellement d'avoir rompu le dialogue après le transfèrement en mars de Charles Blé Goudé, un proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, à La Haye, où siège la Cour pénale internationale (CPI), qui l'accuse de "crimes contre l'humanité".

Au nombre des raisons pour lesquelles la "réconciliation nationale" est "dans l'impasse", selon le FPI, figure "la confiscation des biens privés et des domiciles des militants de l'opposition" et "le gel des avoirs et des comptes bancaires des responsables de l'opposition".

Les violences postélectorales firent plus de 3.000 morts entre décembre 2010 et avril 2011.

Laurent Gbagbo est emprisonné depuis plus de deux ans à La Haye, en attente d'être jugé par la CPI.

ck/aub

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