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Turquie: Erdogan demande à sa banque centrale à baisser les taux d'intérêts

04/04/2014 05:49 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté vendredi les autorités monétaires de son pays à abaisser les taux d'intérêts, massivement relevées en janvier pour enrayer la chute de la livre et les déficits publics.

"J'espère que, comme il l'avait fait pour les augmenter (...) le comité de politique monétaire convoquera une réunion d'urgence pour abaisser les taux", a plaidé M. Erdogan devant la presse, avant une visite officielle en Azerbaïdjan.

Sa prochaine réunion régulière est prévue le 24 avril.

La banque centrale turque avait massivement relevé les taux d'intérêts le 28 janvier, contre l'avis du gouvernement islamo-conservateur soucieux d'éviter tout impact négatif sur la croissance et les déficits publics déjà élevés du pays.

L'institution financière avait alors augmenté son taux d'intérêt au jour le jour de 7,75% à 12% et son taux hebdomadaire repo de 4,5% à 10% pour contenir "l'impact négatif" de la chute de la livre "sur l'inflation et la stabilité macroéconomique".

Le chef du gouvernement a estimé vendredi que la large victoire de son parti aux élections municipales de dimanche avait rassuré les marchés financiers.

"Les investisseurs étrangers attendent avec impatience une baisse des taux d'intérêt. Cela leur permettrait d'investir plus", a jugé M. Erdogan. "Il y a de la stabilité, de la confiance" en Turquie, a-t-il souligné.

Son vice-Premier ministre en charge de l'économie, Ali Babacan, a toutefois réfuté vendredi toute pression sur la banque centrale, rappelant qu'elle prenait des décisions en toute indépendance du pouvoir politique.

"Le comité monétaire (de la banque centrale) prendra les meilleures décisions", a dit M. Babacan.

Déjà affectée depuis la mi-2013 par la politique de resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), la livre turque (LT) a également subi de plein fouet depuis la mi-décembre le contrecoup du scandale politico-financier qui a éclaboussé le régime de M. Erdogan, au pouvoir depuis 2002.

La hausse des taux d'intérêt fin janvier est parvenue à enrayer cette dégringolade de plus de 20%.

La Turquie a enregistré un taux de croissance de 4% en 2013 mais la plupart des analystes anticipent un chiffre nettement inférieur en 2014.

Le gouvernement a jusque-là maintenu sa prévision à 4% pour l'année en cours mais M. Babacan a anticipé son ralentissement dans les prochains mois. "Nous nous attendons à un chiffre entre 3 et 4%", a-t-il estimé.

L'agence de notation financière Fitch a confirmé pour sa part vendredi la note de la Turquie dans la catégorie investissement à BBB- avec une perspective stable. Comme d'autres analystes, elle a toutefois révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2014, de 3,2% à 2,5%.

La monnaie turque s'échangeait vendredi après-midi autour de 2,14 LT pour un dollar et 2,93 LT pour un euro.

BA/pa/fw

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